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/ 01 46 07 89 81)

 

ESPERLUETTE & 16

 

Lève-toi et marche !
Ce n’était pourtant pas la tempête tant attendue ; tout juste un léger courant d’air échappé d’une faille dans
un mur de béton… Et pourtant le feu gagne la savane, la planète s’embrase. En fin de compte, a-t-il permis ou
n’a-t-il pas permis ? On l’a mal compris…, on nous change la religion…, c’est la faute aux media… Le
préservatif est-il à la veille de provoquer un choc des civilisations ? Diable ! « Le monde catholique est sur
des charbons ardents… » constate un membre éminent vénézuélien de l’Académie pontificale pour la vie1. Un
cardinal kenyan se croit obligé de rappeler que « l’utilisation du préservatif reste, comme toujours,
inacceptable », que soutenir le contraire « serait une offense à l’intelligence du pape et une manipulation
gratuite de ses propos » et que les actes d’homosexualité et de prostitution masculine sont « heureusement
tout à fait étrangers à notre société kenyane ». Un autre, américain celui-là, tout nouvellement « porporato »,
estime que « certains commentateurs… pourraient mal interpréter ces propos et que le Saint-Père modifie la
position de l’Eglise ». Un jésuite avance à découvert : « Un entretien avec le pape n’est pas un enseignement
de l’Eglise… l’enseignement de l’Eglise reste identique avant et après les déclarations du pape. » Un
enseignant en théologie de Floride menace : « De tels entretiens peuvent faire peser, de façon hasardeuse, de
lourdes charges sur le magistère ».
Ce petit bout de latex n’aurait du, sans doute, mériter « ni cet excès d’honneur ni cette indignité ». Qui aurait
pu croire qu’un jour on verrait le préservatif en couverture de La Vie après avoir été voué aux gémonies ?
Sans vouloir donner trop d’importance à une déclaration du pape qui « n’est pas un enseignement de
l’Eglise », comme dirait notre spécialiste en casuistique, j’estime que nous ne pourrons plus revenir en
arrière. Le mur de l’interdit est fissuré et le préservatif n’est plus considéré comme le moyen de prévention
à bannir en toute circonstance. S’il est vrai que l’Eglise « ne considère pas cela comme une solution véritable
ni morale… » on relève que « dans tel ou tel cas il peut néanmoins y avoir, dans l’intention de réduire
l’infection, un premier pas dans un mouvement vers une manière différente, une manière plus humaine, de
vivre la sexualité ». C’est reconnaître - sans doute bon gré mal gré mais quand même… - que le préservatif en
lui-même n’est ni bon ni mauvais. C’est reconnaître dans le même élan que la personne prostituée est
suffisamment grande pour se mettre debout, prendre sa décision en toute liberté et en toute responsabilité
pour « vivre la sexualité ». C’est reconnaître que le plus petit, le plus fragile (et pas forcément le plus
vicieux…, comme on aurait parfois tendance à penser) est appelé, lui aussi, à vivre sa sexualité, différente,
dans un projet d’humanisation. C’est le « lève-toi et marche ! » de l’évangile à la portée de tous.
Ils ne s’y sont pas trompés, ceux qui mènent des combats d’arrière-garde et qui tirent à boulet rouge sur le
premier frémissement des ailes de l’Esprit. Gageons qu’ils vont s’employer daredare à reboucher le trou…
Gérard GUERIN, administrateur
(1) Les citations sont de Frédéric Mounier, journaliste à La Croix
1
ED ITO
L’ESPERLUETTE &16
* lettre interne [hiver 2010!2011]
organisation d’un théâtre-forum à Quimper pour le 1er décembre, en partenariat avec Sidaction
Réactions aux propos du Pape
>> Marc Gentelini, spécialiste des maladies infectieuses
et tropicales
"La déclaration de Benoît XVI marque une grande ouverture. Et je me
réjouis de ce qu'un certain nombre de positions défendues par des
médecins aient fini par être prises en compte, à savoir que l'Eglise a
le droit de s'opposer au préservatif comme moyen de contraception,
mais pas lorsqu'il est un moyen de prévention pour empêcher la
transmission de la mort. Reste à espérer que les évêques transmettent
ce message auprès de leurs fidèles et fassent preuve de tolérance
évangélique. Je pense notamment à l'Afrique: car c'est! surtout
pour ce continent que les propos de Benoît XVI sont importants. Ce
pape est étonnant, il est présenté comme réactionnnaire mais je
trouve que sur des problèmes graves, il fait preuve de courage et de
lucidité."
>> Jean de Savigny, ancien président de C&S
Il est «!ravi que le pape prenne enfin conscience que la position antérieure
n’était pas tenable. On va d'ailleurs assister au même changement
de discours dans quelques années sur la contraception.!» Mais
il regrette « qu’il faille attendre la parole d’un pape sur des sujets
aussi personnels que la sexualité. Chrétiens et sida lutte depuis vingt
ans contre les discriminations et met en avant l’importance de la
conscience personnelle face au sida."
>> Jean-François Delfraissy, directeur de l'ANRS
"Ma réaction est double. En tant que directeur de l'Agence nationale
de recherche contre le sida, je suis content de cette évolution qui
tombe au bon moment. On parle en effet beaucoup aujourd'hui des
autres outils de prévention que représentent notamment les
antirétroviraux.! Nous allons prochainement annoncer les résultats
d'une étude qui montre qu'ils ne sont pas seulement utiles pour se
traiter mais qu'ils servent aussi!pour se prémunir. Or, je ne voudrais
pas que l'on oublie que les changements de comportement et notamment
l'utilisation des préservatifs restent la base de la prévention.
En tant que médecin catholique, cette fois, je ne peux que me réjouir
de l'évolution de ma hiérarchie. J'avais témoigné en mars 2009 de
mon incompréhension face aux propos du pape dans l'avion qui le
menait en Afrique. Tout le monde a droit à l'erreur. Les lignes sont en
train de bouger, mon Eglise commence à s'adapter ! même si cela
reste timide et je m'en félicite."
>> Paul Valadier, jésuite et philosophe
- Comment réagissez-vous aux propos de Benoît XVI ?
- Je suis d'abord surpris par le tumulte médiatique qu'une petite
phrase a engendré. Cette réaction en dit long sur nos sociétés qui ont
besoin d'une sorte de magistère moral. On tire à boulets rouges sur
le pape et en même temps, sa parole est très attendue. Alors que
dans la tradition de l’Eglise, c’est la conscience de chacun qui doit
apprécier les circonstances.!
- Certains parlent d'une théologie du "moindre mal". Qu'en pensezvous
?
- … Je n’aime pas beaucoup cette notion qui donne une idée négative
de la morale. Le préservatif peut-il être un moindre mal ? Je ne
crois pas. Quand un couple sérodifférent utilise un préservatif, c’est
pour protéger la santé de l’un des deux. C’est donc pour un bien.
C’est aussi vrai de la contraception en général. Quand un couple
utilise un préservatif ou la pilule, c’est pour vivre une sexualité épanouie,
pour le bien du couple et de la famille. Je ne vois pas en quoi
ce serait un moindre mal.
- Benoît XVI est-il en train d’adopter une culture du compromis!?
- Oui je crois que le pape, confronté à la réalité tragique du sida, a
choisi le compromis. L'épidémie existe et il faut faire avec. L’intransigeance
est inhumaine et immorale, elle décourage et produit des
naufrages moraux, spirituels et religieux. Cela dit, le compromis doit
toujours être source de questionnement et de critique. Le préservatif
n’est pas un bien en soi. Il appelle un discernement. La conscience
morale implique un travail incessant sur elle-même, ses motivations,
c'est un état d'éveil de soi permanent. L'intransigeance croit avoir fait
assez quand elle a prescrit les normes et attendu la fidélité aux principes.
- Pour certains, l’Eglise devrait au contraire rappeler un idéal moral.
- On constate en effet un courant qui veut exclure tout compromis et
promouvoir une défense de valeurs non négociables. Je m'étonne que
cette intransigeance se joue toujours sur les questions de sexualité.
Je ne constate pas la même attitude radicale dans d'autres domaines.
Par exemple, l'Eglise catholique condamne les dérives du capitalisme
mais le ton n'est pas le même. On excommunie un médecin brésilien
qui pratique un avortement mais on ne s'enflamme pas contre les
traders. Pourquoi une telle soif d’absolu dans un cas et pas dans
l’autre ? Les textes conciliaires appellent l'Eglise à une attitude de
dialogue et de conversation avec la société, loin de l'idée de résistance
ou d'opposition à la culture d'aujourd'hui.
>> Pierre-Yves Pecqueux, directeur national des OEuvres
missionnaires
Estime que le texte du pape «!… plein de bon sens et de lucidité par
rapport à la réalité de l’endémie!» va «!aider à mieux vivre ce qui se
fait déjà. L’Eglise catholique, ajoute-t-il, est très engagée, depuis
longtemps, en Afrique dans la prévention, la formation, l’accompagnement
des malades. Et de nombreux acteurs de terrain prennent
leurs responsabilités, même si l’utilisation du préservatif ne va pas
toujours de soi, et pas forcément pour des raisons religieuses.!»
>> Véronique Margron, théologienne moraliste
"C’est un bel acte d’humilité et de courage. La nouveauté est que
Benoît XVI accueille la jurisprudence pastorale de nombre d’acteurs
de terrain."
"Benoît XVI évoque d’abord un «! cas de conscience! », celui qui se
pose à une personne confrontée au risque de transmettre la mort.
Compte alors la prise de décision qui doit intervenir très vite. Bien sûr
que l’on ne peut que souhaiter que ces personnes entrent dans une
réflexion plus fondamentale – 'humaine', dit le souverain pontife!– et
qu’elles prennent en compte les règles de l’Église. Mais ce n’est pas
toujours le cas. Et il faut aussi répondre à ces situations. D’où, je
crois, l’exemple cité par le pape!: un prostitué. Utiliser un préservatif
est, dans l’instant présent, la décision nécessaire pour ne pas mettre
en danger de mort l’autre et soi-même. Ce que Benoît!XVI nomme un
acte 'responsable' ne suffit pas à rendre la vie morale, ni la sexualité
humaine. Mais il est bien un effort de conscience, de souci de l’autre.
Il faut saluer cette prise au sérieux par Benoît!XVI du réel tel qu’il est
pour répondre aux interdits fondateurs, qui n’affaiblit nullement la
doctrine de l’Église sur l’humanisation de la sexualité. Au contraire.
Ensuite, ou en même temps, un travail doit avoir lieu pour moraliser
et rendre meilleure l’existence. Et là, nous retrouvons la loi de gradualité."
>> Alain Mattheeuws, jésuite, théologien moraliste,
enseignant à Bruxelles
"L’Eglise catholique n’ignore pas les difficultés de l’homme à respecter
les règles. Elle postule que le bien est toujours à faire, mais qu’il
n’est pas toujours possible de le faire. Notre vie morale est un che-
2&16 #
RÉACTIONS AUX PROPOS DU PAPE
minement existentiel, une histoire, éclairée par la voie de vie de Dieu,
qui est à respecter et à accueillir toujours de nouveau et entièrement,
même quand il arrive que nous expérimentions que nous n’y parvenons
pas."
"L’expression «! le moindre mal! » est le plus souvent inadéquate en
morale!: elle sous-entend que dans certaines situations l’homme est
comme condamné à faire le mal. Ce qui n’est jamais le cas. Dans toute
situation, l’homme est capable de faire le bien!: peut-être pas tout le
bien qu’il lui est possible de faire un moment donné, mais un bien
quand même au niveau de sa conscience subjective."
>> La loi de gradualité
Méconnue du grand public catholique, la loi de gradualité a été définie
en 1981 par Jean Paul! II dans son texte "Familiaris consortio"
pour répondre aux difficultés posées par Humanae vitae, l’encyclique
de 1968 interdisant la pilule. Imprégnée de réalisme pastoral, elle
postule que le respect des exigences élevées de l’Église en matière
de sexualité ne peut pas se faire du jour au lendemain, mais s’inscrit
dans un long chemin de conversion, fait d’efforts et de chutes. Cette
loi valorise l’intention (se rapprocher de l’idéal défini par l’Église) et
la temporalité longue.
Attention, la "loi de gradualité" n’implique pas la "gradualité de la loi" :
les préceptes du magistère sont intacts, le péché étant une réalité
objective ne pouvant être relativisée. L’exigence de la loi de gradualité
est forte! : elle suppose que la personne, dans les actes qu’elle
pose, reste ouverte à la possibilité de faire le bien visé par l’Église.
Le pape semble indiquer que cette loi de gradualité, définie dans le
cadre d’une question conjugale, pourrait s’appliquer plus généralement
en théologie morale, par exemple entre deux personnes homosexuelles.
Jean Mercier, chef du service Religion à La Vie
- VIE DES GROUPES -
>> Bernard BASSAMA, administrateur et membre du
groupe local de Paris a participé au congrès de la Société
Française de Lutte contre le Sida (SFLS) qui s’est tenu
à Bordeaux du 03 au 05 novembre 2010. Il nous fait un
rapide compte-rendu de sa participation. Il s’est avéré
que Nadia AGAPE, de Saint-Martin et Pierre GAUTIER,
de Quimper, participaient aussi à ce congrès.
A mon arrivée, j’ai rencontré Ludovic et José, représentant respectivement
les associations de migrants «!Résilience!» et «!Bondéko!». Ils
invitent Chrétiens & sida à participer à une table ronde le 04/12.
L’UNALS présentait un stand, avec la documentation et les affiches de
C&S.
En début de matinée, j’ai participé à l’atelier «!Politique de prévention,
Réduction des risque! » Avec Nadia, nous avons pu poser des
questions sur l’amendement Mariani.
Peu avant midi j’ai pris contacts avec deux laboratoires pharmaceutiques
MSD et TIBOTEC qui se disent prêts à créer un partenariat avec
notre association. Puis, j’ai enchaîné sur un symposium pharmaceutique
sur les nouvelles stratégies thérapeutiques.
Rencontre sympathique avec l’association Marie Madeleine que j’ai
invitée à participer à la soirée oecuménique du 1er décembre à St
Pierre de Montrouge.
A 14h, ce fut la restitution des ateliers où je suis de nouveau intervenu
sur l’amendement Mariani.
A16h30 se tenait la séance plénière Nord/Sud, en collaboration avec
le GIP ESTHER. J’ai particulièrement apprécié le docteur KOUANFACK,
du Cameroun, qui nous a parlé de la situation critique des pays du
sud dans la prise en charge du VIH.
En fin d’après-midi, j’ai eu un entretien intéressant sur la prise en
charge des PVVIH avec le docteur Karine, du centre de la Croix Rouge
du Moulin Joly.
Le lendemain j’ai pu participer à la session inaugurale du rapport
d’experts 2010, présenté par le professeur YENI, puis à un atelier sur
les comorbidités! traitant de l’implication pratique dans la prise en
charge des PVVIH (cancer et VIH, risque cardio-vasculaire, reins et
VIH).
Un autre atelier avait pour thème «!Un an après, analyse critique et
leçons apprises de la gestion de la grippe H1N1 en France!» animé
par A. FLAHAULT. J’y ai également participé.
A midi s’est tenu le symposium sur les nouvelles donnes dans le
traitement contre le VIH!: intégration des enjeux de qualité de vie et
prise en compte des données psycho-sociales dans la prise en
charge des PVVIH en 2010.
Puis, après un atelier sur les nouvelles recommandations de prise en
charge des patients VIH+ à moins de 500 CD4, suivi d’une table
ronde animée par E.BILLAUD et P.-M GIRARD sur le rôle des réseaux
dans le nouveau paysage sanitaire Français. Thèmes abordés! : les
maisons de santé, les missions du soin, de la prévention…, le dossier
patient partagé ou le dossier médical personnel, la place de la
télémédecine, les compétences nécessaires pour un suivi partagé.
A 16h30 clôture du congrès et annonce du congrès 2011 à Lyon.
Les comptes rendus des différents ateliers sont disponibles sur le
site www.sfls.aei.fr
Pendant ce congrès, j’ai pu avoir un entretien téléphonique avec
Ginette MEZY, responsable de C&S Bordeaux concernant les activités
du groupe qui, dans l’attente de la retraite de Ginette, sont pour le
moment en berne. Une veillée de prière sera organisée pour le 1er
décembre dans sa paroisse.
Bernard Bassama, du groupe de Paris
>> À QUIMPER, du Théâtre-forum pour le 1er décembre
En 2009, à l'initiative du Sidaction, un projet théâtre-forum, sur le
monde du travail et le VIH a été lancé dans l'Ouest.
Des personnes de divers milieux ont été sollicitées : monde du travail,
AFPA, collectivités territoriales, associations et personnes vivant
avec le VIH.
Une troupe s'est créée, riche de toutes ces origines et a travaillé un
trimestre pour proposer 3 scènes sur la discrimination dans le
monde du travail. Le constat est en effet effrayant : 43 % des personnes
vivant avec le VIH sont sans emploi et parmi celles qui ont un
emploi, on sait que si la personne révèle sa séropositivité dans son
entreprise, dans 70 % des cas elle perd son emploi dans les 6 mois.
L'enjeu est donc de taille et le but du théâtre-forum était de pointer
du doigt les difficultés à l'embauche, puis dans le quotidien du travail
avec les collègues.
Le premier spectacle a été joué à Lorient. Puis la troupe est allée à
Paris au Théâtre de l'Opprimé, d'où vient Vincent VIDAL, le metteur en
scène, et enfin, ce 1er décembre, la troupe a joué à Quimper pour
clore deux jours de prévention et information sur le VIH/SIDA.
Le théâtre-forum est un spectacle interactif où le public est sollicité :
on présente 3 scènes courtes illustrant des situations de discrimination,
et qui évidemment finissent mal. Le «!joker!» c'est-à-dire l'animateur,
propose au public de modifier le cours de chaque histoire.
En montant sur scène en prenant la place des acteurs, le public va
proposer sa version et essayer de changer la fin de la séquence. Les
acteurs à ce moment-là, sont en improvisation totale.
A Quimper, nous avons Interprété cette séance devant 80 personnes.
Très vite, le public a joué le jeu, et après quelques réticences, a
commencé à monter sur scène.
3
&16 # VIE DES GROUPES
Les débats ont été très riches et ont bien démonté tous les mécanismes
de la discrimination avec beaucoup d'humour, et de grands éclats
de rire.
Il est prévu de rejouer ce spectacle à l'Université de Lorient, puis à
Vannes.
A la fin du spectacle, avant de se quitter, spectateurs et acteurs se
réunissent pour une chaîne de l'espoir, puis tout le monde se retrouve
devant un verre de l'amitié et en général on continue les
échanges.
Béatrice DELHAYE & Pierre GAUTIER
>> POITIERS. « Le sida ici et en Afrique, en parler ».
C’est dans cette intention qu’Abel BOUSSEAU et Jean-
Claude PERUCHOT ont bravé en pleine nuit les dangers
d’une route sinueuse et imprévisible pour porter la
bonne parole.
Le jeudi 4 novembre, Jean Claude PERUCHOT et moi-même avons
participé à une soirée-débat organisée par le Secours Catholique de
Limoges, qui avait pour thème: "Le sida, ici et en Afrique". Je cite la
présentation qui nous en avait été faite par les responsables: "En
plein congrès national de la Société Française de lutte contre le Sida,
le professeur Pierre WEINBRECK, chef du Service des maladies infectieuses
au CHU de Limoges fera le point sur la maladie, ici et en Afrique
subsaharienne qui concerne 70% des personnes séropositives
(soit 22 millions). Le Père Abel BOUSSEAU, responsable à Poitiers de
l'association X&s abordera les problèmes psychologiques!; il parlera
de son expérience personnelle et du rôle des Eglises dans la prévention
et l'accompagnement. Ce débat s'inscrit dans la question plus
vaste de la place des religions dans nos sociétés. Enfin, les associations
"Aides" et "Entraid'sida Limousin" préciseront leur action locale
et notamment leur soutien! aux migrants (par exemple, les femmes
d'origine africaine sont particulièrement exposées).
Le déroulement de la soirée a été conforme à la présentation qui en
est faite sur ce papier, avec une petite précision: le professeur a parlé
de son expérience intéressante avec le Vietnam et non de l'Afrique,
mais il a été très intéressé par ce que Jean Claude et moi avons dit de
notre engagement en Afrique au sein de l'ONG "Initiative et Développement"
avec les deux centres de soin de Lomé au Togo et de Moundou
au Tchad. Nous avions apporté des tracts de I.D. présentant les
parrainages et deux exemplaires de la lettre aux parrains qui est
régulièrement envoyée plusieurs fois par an
Enfin, parallèlement à cette soirée, le Secours Catholique avait organisé
une expo de photos dans le hall de la bibliothèque Francophone
Multimedia. Cette exposition montrait comment des enfants orphelins,
en Afrique du Sud, sont encouragés à se souvenir de leurs parents
morts du sida,!à l'aide des "boîtes à mémoire".
Abel Bousseau, du groupe de Poitiers
>> QUIMPER. « Et toi, que fais-tu contre la misère
? », à Quimper. Plusieurs personnes du groupe de
Quimper (membre du collectif organisateur dirigé
par ATD Quart Monde) ont participé, comme chaque
année à la préparation et aux différentes manifestations
de cette rencontre
Cette question était au centre d'une rencontre débat avec Emmaüs
organisée le 16 octobre en prélude à la journée mondiale du refus de
la misère. Celle-ci se déroule tous les ans le
17 octobre depuis 1987.
Le lendemain, sur le parvis des Halles Saint-François, en plein centreville,
diverses animations étaient proposées notamment du théâtreforum.
Le thème en était «!la santé pour les plus démunis!». Quels
sont leurs droits ? Comment les informer ? Des petites scènes ont été
jouées avec beaucoup de réalisme par des comédiens amateurs. Dans
l'assemblée, des personnes du milieu de la santé (CDAS, Sécurité
Sociale...) ont su apporter des réponses sur des points précis. Il a été
notamment question de soins dentaires, d'achat de lunettes, de la
CMU... Le public a été aussi informé sur le droit au bilan de santé
gratuit et à un accompagnement aux soins.
La matinée s'est poursuivie par un pique-nique, sous un grand soleil.
Jacky POTIN, responsable du groupe de Quimper
>> VAUCLUSE. Parole de lectrice. Un concours
d’écriture sur le sida.
Dans le Vaucluse, le sida reste une préoccupation forte!: plusieurs
acteurs associatifs, notamment, sont toujours très vigilants et continuent
de lutter contre ce fléau. Chacun à sa façon développe des
actions. C&S, notamment, est axé sur la prévention et fait connaître
une méthode interactive de réflexion bien identifiée.
Depuis quatre ans ce travail associatif discret et persévérant a croisé
le souffle du nouveau Codes (Comité départemental d’éducation à la
santé)!; en effet, cette structure traditionnelle dans le paysage vauclusien
a connu un renouvellement des approches de la prévention
santé. L’objectif final ambitieux est que chacun se réapproprie sa
santé…
Ce croisement entre associations et Codes a conduit à l’élaboration
d’un concours d’écriture sur le sida! : un appel à la production de
textes est lancé avec plusieurs catégories d’âge.
Ce concours est un vrai succès!: par le nombre de partenaires, mais
aussi par le nombre de participations et par la méthode de remise de
prix!: une rencontre créative, avec une mise en scène des textes primés,
par des élèves du conservatoire de théâtre. Cette rencontre a
lieu le 1er décembre, journée d’action contre le sida.
Brigitte FINE (Vaucluse), La Croix
- ÉTHIQUE -
Durcissement des conditions
d’accès au séjour des étrangers
malades résidant
habituellement en France
>> L’Assemblée nationale a adopté, lors de la discussion
du projet de loi « Immigration, intégration et
nationalité́ » le 5 octobre 2010 en séance publique,
un article susceptible de durcir significativement les
conditions d’accès à un titre de séjour pour les
étrangers malades résidant habituellement en
France. Divers associations et mouvements d’origine
chrétienne étaient montés au créneau et
avaient manifesté pour exprimer leur refus d’une
telle évolution de la loi. (Esperluette 15) Le Conseil
National du sida (CNS) invite le législateur à revenir
sur cette évolution.
La législation actuelle stipule qu’une carte de séjour temporaire est
délivrée de plein droit, sous réserve que sa présence ne constitue
pas une menace pour l’ordre public, à l'étranger résidant habituellement
en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge
médicale dont le défaut pourrait entrainer pour lui des conséquences
d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement
bénéficier er d'un traitement approprié dans le pays dont il est
originaire. Le nouvel article adopté modifie la clause restrictive et
substitue la formulation : « sous réserve de l’indisponibilité d’un
traitement approprié dans le pays dont il est originaire».
4&16 #
ÉTHIQUE
En conséquence, si la nouvelle législation est promulguée en l’état,
des étrangers malades pourront désormais se voir refuser la délivrance
ou le renouvellement d’un titre de séjour pour soins au motif
que des traitements sont disponibles dans leur pays d’origine. Or, de
tels traitements, en particulier des traitements antirétroviraux, sont
formellement disponibles dans tous les pays du monde. Ceux-ci ne
sont pas pour autant effectivement accessibles. En fondant la décision
d’acceptation ou de refus d’un titre de séjour pour soins au
bénéfice des étrangers malades sur le seul critère de la disponibilité,
la nouvelle législation conduira à des rejets systématiques des demandes
de titres de séjour ou de renouvellement émanant des personnes
atteintes par le VIH/sida et par d’autres pathologies.
Le Conseil national du sida souligne le caractère extrêmement préjudiciable
de l’évolution législative envisagée sur la prise en charge des
personnes infectées par le VIH/sida ainsi que sur la lutte contre les
maladies infectieuses.
Au regard du nouvel article, les étrangers malades se verront condamnés
soit à des mesures d’éloignement peu soutenables sur le
plan éthique et aux conséquences fatales si elles sont mises en oeuvre,
soit, en demeurant sur le territoire, à des formes de précarité, de
clandestinité et de difficultés d’accès au système de soins, entrainant
ainsi une diminution considérable des chances thérapeutiques pour
les personnes. La présence en France d’étrangers malades non traités
ou mal traités constitue, en outre, un risque supplémentaire de
dissémination de maladies infectieuses dans la population générale
et représente, au final, un surcoût pour la collectivité.
Le Conseil national du sida invite donc le législateur à revenir sur
cette évolution.
Les sans-papiers devront payer
Les réactions se multiplient après l’adoption par le
Parlement de mesures pour limiter l’accès aux soins
gratuits des personnes en situation irrégulière.
Avec d'autres associations, Médecins du Monde se bat depuis plusieurs
mois contre la restriction des droits à l’AME
Réunies au sein de collectifs comme le Ciss, la Fnars, l’Odse ou
l’Uniopss, plus d’une centaine d’organisations d’usagers s’indignent
du nouveau dispositif de l’Aide médicale d’Etat (AME) voté dans la
loi de Finances 2011.
Ainsi l’association Médecins du Monde regrette qu’aient été « privilégiés
les enjeux politiciens et électoraux liés à l’immigration au détriment
des recommandations des professionnels de santé ». Elle
s’inquiète « des conséquences graves sur la santé et la vie des plus
vulnérables dont le gouvernement et la majorité parlementaire auront
à porter la responsabilité ». De son côté, Aides voit dans le nouveau
dispositif « le symbole de la politique gouvernementale xénophobe et
irresponsable ». Pour l’association de lutte contre le sida, ces restrictions
vont « plomber un peu plus les finances publiques et la situation
sanitaire dans notre pays. »
Le dispositif de l’aide médicale d’Etat
Il permettait jusqu’à présent aux personnes pauvres en situation
irrégulière de bénéficier de soins gratuits, à condition de résider en
France depuis plus de trois mois et de disposer de ressources inférieures
à 634 " par mois. Le 13 décembre dernier, après une âpre
bataille politique entre députés et sénateurs, une commission mixte
paritaire a tranché en faveur des premiers : les sans-papiers devront
acquitter un forfait de 30 " pour pouvoir accéder à l’AME. Un accord
préalable sera nécessaire avant de pouvoir bénéficier de soins hospitaliers
lourds et tous les traitements ne seront pas disponibles.
Curieusement, ces mesures ont été votées avant la publication
d’un rapport très attendu de l’Inspection générale des affaires sociales
(Igas) qui doit faire la lumière sur les causes de l’augmentation
des prestations depuis 2009. Les députés ont choisi d’aller vite, au
risque de se tromper, et d’accréditer l’idée d’une mesure adoptée
plus pour sa portée politique que pour son efficacité.
Claire Legros, La Vie, 17 décembre 2010
- PRÉVENTION -
Test pour toute la population,
sans obligation
>> Toute la population française, âgée de 15 à 70 ans,
pourra se faire tester sur le sida, sans obligation,
selon le plan sida 2010-2014 que vient d'achever la
ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Jusqu'à présent, les médecins ne proposaient le test qu'aux personnes
ayant eu un comportement à risque ou à certains moments de
leur vie.
En décembre, une campagne nationale d'information devrait appeler
ainsi tous les professionnels de santé à proposer ce test à leurs patients,
sans obligation, selon le ministère de la Santé
Par ailleurs, le plan prévoit la création d'un Comité national de pilotage
qui suivra mensuellement l'application des mesures et leur efficacité
avec des objectifs chiffrés : réduire de 50% les nouveaux cas
en cinq ans, mais aussi réduire de 20% la mortalité ainsi que la prévalence
des autres MST
Réagissant au plan sida, dont Libération fait état, Willy Rosenbaum,
président du Conseil national du sida (CNS) a souligné qu'il n'est à ce
stade qu'un "document de travail", précisant que son organisme
devait se prononcer sur son contenu le 14 octobre.
Le CNS avait donné un avis très critique en juin sur un premier projet.
Le Pr Rozembaum a donné cependant son avis, "personnel", a-t-il
insisté, sur le nouveau document. "C'est, en intention, un virage à 90
degrés par rapport à celui de juin, sur des options importantes
comme le dépistage en population générale, l'approche du dépistage
en France, la prise en compte d'une méthode de prévention combinée,
qui ne repose pas sur le seul préservatif", a-t-il dit. Mais si "l'intention
est clairement affichée", il y a "beaucoup de contradictions
dans la déclinaison, dans la mise en oeuvre", a-t-il ajouté.
Libération, mercredi 6 octobre 2010
Les prisonniers toxicos, toujours
privés de seringues stériles
Alors que l'usage de drogue est le premier facteur de
propagation du sida en prison, l'Etat bloque l'accès
au matériel stérile.
Selon l'étude Coquelicot publiée en 2006, 12% des drogués incarcérés
ont continué à s'injecter un produit lors de leur séjour en prison.
Parmi eux, un sur trois a partagé son matériel d'injection. Les prisonniers
toxicomanes seront pourtant toujours privés de seringues stériles.
Ainsi en a décidé le gouvernement qui a choisi la politique de
l'autruche.
Experts, élus et associations de lutte contre le sida accusent une
décision lourde de conséquences sur le plan sanitaire. Ancien détenu
et membre d'Act Up, Laurent Jacqua ne décolère pas contre le plan
d'action stratégique pour l'amélioration des conditions sanitaires.
Dévoilé fin octobre par le gouvernement, il trahit selon lui l'état d'esprit
du pouvoir actuel!:
«! La drogue en prison, c'est une évidence, mais il ne veut pas le
reconnaître.!»
Ce qui lui laisse penser cela!? Sur les 86 pages du texte qui planifie
l'action du gouvernement jusqu'en 2014, pas une ligne sur un programme
d'échange de seringue (PES), qui permettrait
aux détenus de disposer de matériel stérile. François Bess, président
5
&16 # PRÉVENTION
de l'Observatoire international des prisons, regrette aussi cette impasse!:
«!L'Inserm et le Conseil national du sida ont pourtant tous deux recommandé
que cette mesure soit appliquée en prison.!»
En prison, le sida circule comme la drogue
Après trente ans passés derrière les barreaux, Laurent Jacqua est
persuadé de la nécessité des PES en prison. Il raconte!:
«!Il arrive parfois que trois ou quatre détenus partagent une même
seringue. Quand ils n'en ont pas, ils en fabriquent avec une aiguille
ou un stylo. Que se passe-t-il quand l'un d'entre eux a le sida!? Et
quand ils retrouvent la liberté!? C'est autant de gens de contaminés.
C'est criminel de ne pas agir.!»
Car la came n'est pas la seule à circuler en prison! : le sida aussi.
L'usage de drogue est le premier facteur d'infection au VIH en milieu
carcéral. Selon le Conseil national du sida, le risque d'être contaminé
est de quatre à huis fois supérieur en prison qu'à l'extérieur. Il est
environ dix fois plus important pour l'hépatite C.
Lors de la présentation du plan, l'ancienne ministre de la Santé Roselyne
Bachelot a justifié l'exclusion des PES. Selon elle, cela poserait
des «! problèmes de sécurité! ». Un argument non-recevable pour
François Bess!:
«!Les PES sont mis en place dans de nombreux pays!: en Espagne, en
Suisse, même en Iran. Jamais un détenu n'a agressé le personnel
pénitencier avec une seringue.!»
Interrogé à l'Assemblée lors des questions au gouvernement, Michel
Mercier, garde des Sceaux, justifie l'absence des PES du plan!:
«!Le ministère suit les préconisations d'une mission interministérielle
qui souligne le caractère inopportun de ces échanges en prison.!»
Pierre Chapard, président d'Asud, association pour les usagers de
drogue, n'est pas satisfait de la réponse!:
«!Monsieur Mercier parle de la Mildt [Mission interministérielle de la
lutte contre la drogue et la toxicomanie, ndlr]. ll s'agit toujours du
même qui s'y oppose. Son président, Etienne Apaire, refuse toute
avancée sur la réduction des risques.!»
De l'eau de Javel en guise de désinfectant
Pour réduire les risques de contamination, pas de PES donc, mais de
l'eau de Javel. La généralisation de son usage est en effet programmée
pour désinfecter les seringues. La recommandation fait bondir
les associations et les élus. Déjà répandue dans certaines prisons, la
méthode est contestée par les experts.
Dans une note publiée en 2009, le Conseil national du sida précisait
que!:
«! La probabilité d'une désinfection efficace n'est pas garantie. […]
Même correctement utilisée, l'eau de Javel ne permet pas d'éliminer
avec certitude le VHC [virus de l'hépatite C, ndlr].!»
Pour Laurent Jacqua, l'utilisation de l'eau de Javel est une proposition
inutile!:
«! Quand un prisonnier voit sa drogue arriver, vous croyez franchement
qu'il va prendre le temps de désinfecter sa seringue!? Non, il va
se piquer directement. De toute façon, seule une eau de Javel à 12%
a des chances d'être efficace, mais celle distribuée en prison a une
concentration inférieure.!»
Autre point d'achoppement!: le développement des produits de substitution,
de plus en plus répandus en prison. S'ils présentent un intérêt,
leur efficacité est remise en cause. Pour éviter le deal de ces
substances, le personnel soignant pile souvent les cachets, annulant
leur efficacité.
L'équité citoyens libres-détenus, un principe non-respecté
En faisant fi de ces revendications, le gouvernement est-il hors la
loi!? Médecin psychiatre ayant exercé quatre ans en milieu carcéral et
membre de l'Inserm, Laurent Michel rappelle!:
«! En 1994, le principe d'équité des soins entre prisonniers et citoyens
libres a été inscrit dans la loi. Or, la vente libre de seringue
stérile en pharmacie est autorisée depuis 1987. En interdisant les
PES en prison, la France continue à ne pas appliquer la loi.!»
Ce principe a pourtant été réaffirmé en 2009, dans le projet de loi
pénitentiaire adopté par le Sénat.
Nicole Maestracci, ancienne présidente de la Mildt, nuance les accusations
émises contre le gouvernement. Tout en considérant que les
propositions du plan sont «!dérisoires!», elle relève!:
«!Il faut bien reconnaître que les PES sont difficiles à mettre en place
en prison. Les surveillants seraient soumis à des injonctions contradictoires!:
distribuer des seringues et lutter contre le trafic de drogue,
qui est interdite en prison.!»
Un blocage très politique
Pierre Chapard a une conviction!: les PES ont un jour été envisagés
par le ministère de la Santé, qui a finalement fait marche arrière!:
«!Les PES et la mise en place d'un réel programme de réduction des
risques pour les usagers de drogues en prison étaient l'un des points
phares du plan, jusqu'à ce que François Fillon refuse les salles d'injection.
En juin, nous avions été informés de la volonté du ministère
de mettre en place des projets pilotes dans les prisons volontaires.
Puis, après l'été, plus rien.!»
Ces possibles blocages n'ont en rien altéré la détermination de Pierre
Chapard!:
«!Nous essayons de sensibiliser les élus le plus possible… On essaye
de faire le maximum en attendant 2012, en espérant que le contexte
politique changera.!»
par Marie Kostrz, Rue 89, 2 décembre 2010!
- INTERNATIONAL -
Accès universel à la prise
en charge du VIH-sida
>> La prise en charge du VIH sida est possible dans
les pays à revenu faible ou intermédiaire, même si
l’accès universel aux soins est encore loin d’être atteint.
C'est le message mis en avant par le rapport
annuel conjoint de l'Organisation mondiale de la
santé (OMS), de l'Onusida et de l'Unicef, publié
mardi 28 septembre.
Le rapport souligne les "progrès remarquables constatés en Afrique
orientale et australe, région la plus durement touchée par le VIH", et
y voit "des raisons d'espérer". Les institutions onusiennes constatent
cependant que l'objectif de l'accès universel ne sera pas atteint à la
date prévue.
En 2006, les Etats membres des Nations unies se sont engagés à
atteindre "d'ici à 2010 l'objectif d'un accès universel à la prévention
de l'infection à VIH, au traitement ainsi qu'à la prise en charge et au
soutien des malades". L'accès universel est défini comme la couverture
d'au moins 80 % de la population ayant besoin d'un traitement
ou de services (tests de dépistage, prévention de la transmission du
VIH de la mère à l'enfant).
Ce quatrième rapport annuel dresse un bilan positif à la fin 2009 de
l'élargissement de l'accès à la prévention, au traitement et à la prise
en charge de l'infection à VIH. "Nous constatons des progrès un peu
partout, avec une couverture de 36 % de la population concernée
pour les antirétroviraux et de plus de 50 % pour la prévention de la
transmission du VIH de la mère à l'enfant", souligne le docteur Yves
Souteyrand, du département VIH-sida de l'OMS. En 2005 et 2008, le
pourcentage de mères séropositives recevant un traitement pour
empêcher la contamination de leur enfant était respectivement de 15
% et de 45 %. Si elle augmente, la proportion de femmes enceintes
bénéficiant d'un test de dépistage de l'infection à VIH reste faible :
elle est passée de 7 % en 2005 à 21 % en 2008 et 26 % en 2009.
6&16 #
INTERNATIONAL
A la fin 2009, 5,24 millions de personnes recevaient des médicaments
antirétroviraux dans les pays à revenu faible ou moyen, soit
1,2 million de plus qu'à la fin 2008. Le taux de couverture est passé
de 28 %, à la fin décembre 2008, à 36 %, à la fin 2009, si l'on applique
les nouvelles recommandations, formulées en 2009-2010, qui
préconisent de démarrer le traitement plus précocement. Un critère
qui augmente le nombre de personnes à traiter. Avec les anciens
critères, le taux atteindrait 52 % à la fin 2009.
Huit pays – Botswana, Cambodge, Croatie, Cuba, Guyana, Oman,
Roumanie et Rwanda – sont parvenus à l'accès universel, tandis que
21 autres s'en approchent avec un taux de couverture allant de 50 %
à 80 %. La plus forte augmentation est notée pour l'Afrique subsaharienne
avec près d'un million de malades supplémentaires sous traitement,
soit une augmentation d'un tiers. Mais, remarque Yves Souteyrand,
il existe un décalage entre les progrès supérieurs à la
moyenne mondiale observés en Afrique du Sud et de l'Est pour pratiquement
l'ensemble des interventions et ceux plus modestes en Afrique
de l'Ouest et centrale.
Pour le docteur Souteyrand, ces données illustrent la nécessité de
consolider les bénéfices en termes de santé et d'impact sur la mortalité.
Et ce, au moment où les financements internationaux pour lutter
contre le sida sont plutôt stables alors que le déficit pour couvrir les
besoins de traitements antirétroviraux est de 10 milliards d'euros
selon l'Onusida.
Paul Benkimoun
Haïti : les personnes vivant
avec le VIH particulièrement
vulnérables au choléra
>> Alors que le nombre de morts provoqué par l’épidémie
de choléra qui déferle sur Haïti a dépassé le
millier et que plus de 19 000 cas ont été confirmés,
les autorités sanitaires indiquent que les personnes
infectées au VIH sont particulièrement vulnérables.
Seuls environ 25% des malades contaminés par le choléra développent
des symptômes – principalement une diarrhée aqueuse et des
vomissements – mais pour les gens déjà affaiblis par la maladie, la
malnutrition ou la grossesse, le risque est particulièrement élevé.
« Pour les personnes infectées, le risque est particulièrement grand
parce que leur système immunitaire est affaibli », a expliqué Hanz
Legagneur, directeur du ministère de la Santé publique dans le département
de l’Ouest en Haïti
Le choléra se traite facilement avec des sels de réhydratation orale
qui renouvellent l’eau corporelle et les électrolytes, mais il peut être
mortel pour des gens qui tombent malades rapidement et perdent
trop d’eau avant d’obtenir des secours.
Les personnes infectées au VIH sont souvent trop pauvres pour se
payer le transport vers les centres de santé, ce qui peut se révéler
fatal quand le temps est compté.
« N’importe qui peut mourir en moins de quatre heures sans traitement
ou sans sels de réhydratation orale ; pour quelqu’un infecté au
VIH, cela peut être encore moins : deux ou trois heures », a dit Reginald
Dupont, de SeroVIE, une ONG pour les Haïtiens lesbiennes, gays
ou transgenres vivant avec le VIH.
Haïti, avec une prévalence de 2,2%, compte environ 120 000 personnes
séropositives. Comme une grande partie de la population,
beaucoup d’entre elles vivent dans des tentes suite au séisme de
janvier dernier, avec un accès souvent limité tant à l’eau potable qu’à
des toilettes salubres.
Les travailleurs sanitaires sont débordés par l’épidémie de choléra et
n’ont pas encore annoncé le nombre de personnes séropositives
ayant contracté cette maladie transmissible par l’eau. Mais selon M.
Dupont, les gens infectés au VIH ont souvent un problème d’accès
aux soins médicaux et ne reçoivent pas toujours l’attention médicale
qu’il leur faudrait, en raison de la stigmatisation liée à la maladie.
Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a distribué
depuis le 1er novembre quelque 7 000 kits d’hygiène contre le choléra
à des femmes enceintes et à des personnes vivant avec le VIH.
Les kits contiennent du savon, une brosse à dents et un seau, ainsi
que du chlore comme désinfectant.
Les organisations nationales et internationales travaillent aussi à
sensibiliser la population aux mesures de prévention du choléra. Bien
que des centres de traitement du choléra aient été mis en place partout
dans le pays, le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires
des Nations Unies a estimé que 10% de l’argent, des fournitures
et des compétences nécessaires pour pouvoir faire face à l’épidémie
de façon adéquate avaient été mis à disposition.
IRIN
Myanmar!: les différentes
religions s’unissent face à la
progression inquiétante
du sida dans le pays
>> Une centaine de leaders religieux de différentes
religions ainsi que des responsables d’organisations
au service des séropositifs et des sidéens ont participé
à un grand rassemblement le 18 novembre dernier
à Rangoun, afin mener une action commune face
à la progression inquiétante de la maladie en Birmanie.
« Notre but est d’instaurer le respect mutuel et la compréhension
entre les différentes religions... afin d’établir des communautés de
croyants formés à la connaissance du sida et de pouvoir également
réduire la discrimination envers les malades », a déclaré le Rév. Peter
Joseph, du Réseau interreligieux de Birmanie contre le sida (MINA),
l’un des organisateurs du Forum qui s’est tenu le 18 novembre dernier
à Rangoun (Yangon).
« Au sein de notre propre groupe religieux, nous travaillons tous pour
la même cause, les patients sidéens ou séropositifs », explique U
Hoosein Kadar, musulman et membre du MINA. Tout en se félicitant
du succès remporté par le Forum l’année dernière, il souligne que le
principal défi de l’association reste toujours la recherche de fonds et
de nouveaux donateurs.
Il s’agissait cette année de la deuxième édition du rassemblement
interreligieux, le MINA ayant été fondé le 17 novembre 2009 par la
Myanmar Baptist Convention (2). Son objectif est d’organiser des
sessions et des missions d’études afin de promouvoir et de mettre en
place des services d’aide et de réhabilitation pour les populations
touchées par le sida. Les représentants de toutes les communautés
ont pu faire part du point de vue de leur religion sur la question et de
leurs préconisations pour enrayer la propagation du virus. En Birmanie,
bouddhiste à 89 %, les chrétiens (parmi lesquels on compte
deux tiers de protestant, majoritairement baptistes) ne représentent
que 6% de la population mais sont particulièrement engagés dans
l’action humanitaire et sociale et, depuis le début de l’épidémie, dans
la lutte contre le sida.
Une déclaration commune publiée durant le rassemblement a rappelé
que la progression du sida représentait l’une des plus grandes menaces
pour la vie humaine dans le pays. La maladie touche de plus en
plus de femmes et d’enfants, la plupart du temps par méconnaissance
des moyens de transmission du virus.
Dans le domaine de la prévention de la maladie, la minorité catholique
de Birmanie est connue pour être très active, notamment par
l’intermédiaire de la Karuna, la Caritas locale. Dans les régions montagneuses
et isolées où vivent les minorités ethniques du pays, la
plupart des habitants des villages ne savent rien du sida ni de la
séropositivité, laquelle en Birmanie, se transmet essentiellement par
les relations sexuelles non protégées ou des seringues infectées. Les
séropositifs et sidéens souffrent également d’une forte discrimination,
contre laquelle luttent également les organisations caritatives
7
&16 # INTERNATIONAL
chrétiennes qui organisent régulièrement des campagnes de sensibilisation
et d’information.
Selon le dernier rapport de l’ONUSIDA, le programme des Nations-
Unies contre le sida, publié en octobre dernier, plus de 240 000
personnes, femmes et enfants compris, vivent actuellement en Birmanie
avec la maladie. Avec l’un des taux de prévalence les plus
élevés d’Asie, surtout dans les grandes villes (plus de 23 % à Rangoun),
la Birmanie présente cependant un budget national pour la
santé parmi les plus faibles au monde.
Fonds mondial :
moins de 12 milliards recueillis
pour les trois ans à venir
>> Au terme de la conférence de remobilisation de
ses ressources, le Fonds mondial fait ses comptes. Et
même si les pays financeurs ont augmenté leur contribution,
nous sommes loin des 20 milliards de dollars
nécessaires pour que tous les malades aient accès
à un traitement.
Quelques 5,2 millions de personnes vivant avec le VIH recevaient un
traitement antirétroviral à la fin 2009, a annoncé à Vienne l'Organisation
mondiale de la Santé (OMS). C'est 1,2 million de plus qu'en
2008 - soit la plus forte augmentation en une année.
L'effort accompli en une décennie est sans précédent: au début des
années 2000, l'accès aux traitements dans les pays en développement
se limitait à quelques personnes. Pour autant, l'accès universel
aux traitements, fixé à 2010 par le 6e Objectif du Millénaire pour le
Développement (OMD) est loin d'être atteint. Plus de 10 millions
d'autres personnes ont besoin d'un traitement antirétroviral. Les deux
tiers des besoins ne sont pas couverts.
Cette annonce est donc une nouvelle en demi-teinte, d'autant plus
que l'OMS indiquait en septembre 2009 un meilleur taux de couverture
des besoins en ARV : 42 %. Explication : en novembre, deux
mois après cette annonce, l'OMS a relevé le seuil d'indication de mise
sous traitement dans les pays en développement. Auparavant établi à
200 CD4 (ce qui est désormais considéré par les experts comme trop
tardif), il été rehaussé à 350 CD4.!
Cela a augmenté de près de 5 millions le nombre de personnes en
indication de traitement. Mais si les objectifs sont atteints, cela permettra
une baisse des décès de 20 % d'ici à 2015.!
Accroître les efforts
Mais cela ne sera possible qu'à la condition d'accroître encore les
efforts! ; en clair, d'augmenter les sommes allouées au financement
des traitements. Or, le Fonds mondial, qui finance plus de la moitié
des traitements - 2,8 millions de personnes en 2009 - manque déjà
cruellement d'argent et peine à satisfaire les demandes des pays
récipiendaires.
Michel Kazatchkine, qui dirige le Fonds mondial, a multiplié les interventions
pour dire son inquiétude, à l'approche de la conférence de
reconstitution, chiffrant la somme nécessaire pour les 3 ans à venir
entre 13 et 20 milliards de dollars. Or, réunis le 5 octobre à New
York, les donateurs ont finalement pris un engagement financier à
hauteur de 11,7 milliards de dollars en faveur du Fonds pour la période
allant de 2011 à 2013.
Même si ces contributions constituent la promesse financière la plus
importante jamais faite pour la lutte menée collectivement contre ces
trois pandémies à l'échelle internationale (9,7 milliards de dollars
avait été obtenus en septembre 2007 à Berlin pour la période allant
de 2008 à 2010), elles n'atteignent donc pas le montant le plus bas
de la fourchette chiffrée par Michel Kazatchkine.
Pour les associations françaises (Act Up-Paris, AIDES, Coalition PLUS,
Sidaction, Solidarité Sida), le compte n'y est pas: «9 milliards sont
déjà gagés pour continuer à alimenter les programmes de traitements
et de prévention déjà lancés (...). Il ne reste donc que moins de 3
milliards de dollars —soit moins d'1 milliard par an sur 2011-
2013— pour espérer prendre en charge davantage de malades. Cela
constitue une décélération de 2/3 par rapport au rythme de financement
actuel.»
Nestor Hervé (vih.org) et Renaud Persiaux, Transversal (Sidaction)
- COURRIER DES LECTEURS -
>> À propos de la pénalisation de la transmission du
VIH (Esperluette 15)
Dans l’Esperluette n°15, parmi les faits signalés, les affaires des
mineur(e)s contaminé(e)s ne doivent-elles pas être séparées des
autres ?
En effet, ce n'est pas par ce que quelqu'un vit avec le VIH qu'il doit!
se considérer au dessus des lois et penser alors que les "responsabilité
sont partagées" lorsqu'il a des relations sexuelles avec un(e)
mineur(e). N'est-ce pas le cas de cet homme de 38 ans avec une
mineure de 17 ans ?
D'une façon générale (quelque soit la séropositivité), rappelons ce
qu'écrivait en 2001 Jean-Pierre Rosenscweig, juge au Tribunal pour
enfants (= plus de 18 ans, selon la CIDE) de Bobigny :
"Ce qui a changé, ce n'est pas la réalité, c'est notre regard sur les
faits parce que, dans le même temps notre idée sur les droits de
l'homme a évolué et que, notamment, nous considérons les enfants
objet de la sexualité de l'adulte comme des victimes parce qu'ils ne
sont pas à égalité dans la relation sexuelle, dans la relation amoureuse."
C'est sans doute pour cela que le tribunal de Fort de France a condamné
fortement un homme qui avait contaminé 5 mineures. L'article
aurait été plus éclairant s'il avait cité les lois (protégeant les mineurs)
motivant cette condamnation. Que faut-il regretter ? Cette
dernière ou l'ignorance de ces lois par trop de personnes (dont des
intervenants en prévention).
La commission sexualité de C&S ne devrait-elle pas avoir une position
claire sur ce sujet ?
Jacques Bancal (C&S 78)
L’équipe de Chrétiens & sida
vous adresse tous ses meilleurs voeux
pour la nouvelle année 2011 !
8&16 #
COURRIER DES LECTEURS
!> participez à la
rédaction de L’ESPER!
LUETTE en envoyant vos
textes, vos suggestions
et vos remarques : C&S !
30 rue Boucry ! 75018 Paris
chretiens.sida@gmail.com

L’ESPERLUETTE 

& 17 

Eté 2012

 

 

 

L’Esperluette, suite…

 

« Il me semble, Gérard, que depuis ton email ci-dessous datant de un an, Esperluette n'est plus diffusé. »

Perspicace, Jacques… Selon la phrase bien rodée des fonds de classe de lycées en déroute, ‘y’en a au moins un qui suit…’ En effet L’Esperluette a manqué dans le paysage journalistique durant ces presque deux années. Le départ de Chrystelle, mes déménagements successifs n’ont pas été pour peu dans la baisse de tension qui m’a amené à baisser les bras. Il s’avérait aussi que, à quelques contributions éparses près, la matière manquait. L’Esperluette, qui se voulait une ‘lettre interne’, avait tendance à ne plus informer que sur l’universel. Il est vrai que rien de ce qui touche au sida dans le monde ne nous est étranger mais il nous faudrait pouvoir garder un heureux équilibre interne/externe.

Voici donc l’Esperluette repartie et, espérons-le, pour longtemps. La dernière assemblé générale a ressenti le besoin d’une communication interne régulière et il est apparu que l’Esperluette pouvait être, à moindre frais, un véhicule d’information, de réflexion et, pourquoi pas…, de proposition efficace, pour peu que chacun d’entre nous veuille bien y consacrer un peu de son temps, de son audace et de son … écriture.

Je propose que chacun d’entre nous puisse participer à sa hauteur. Pas besoin de littérature, de grandes idées ou de projets mirifiques. Les témoignages, les rencontres et les faits de vie parlent souvent plus que n’importe quel traité de philosophie ou de théologie, pour peu qu’on en dégage le sens. Je pense aux rencontres de Louis au Burkina, aux contacts de Jacinthe avec les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, au we de Cécilia à Maripasoula, au travail en partenariat des amis de Quimper …. Des choses vécues, enracinées dans l’humus, porteuses de sens.

Cette Esperluette 17 reprendra en partie ce qui s’est passé et ce qui s’est dit à la dernière AG. Je n’ai pu en faire un tour complet… J’aimerais que ceux qui ont participé à l’Ag puissent me transmette leurs impressions, leur ressenti et ce dont ils ont été témoins. Cette &17 n’est qu’une amorce … Espérons que la pêche, à défaut d’être miraculeuse, puisse être tout simplement bonne.

 

 

 


Impressions d’assemblée générale

 

Après un petit déjeuner à la gare de Lyon-Perrache et l’usage de divers moyens de transports en commun, dont un tgv, me voici arrivé sur les lieux de l’assemblée générale. J’ai raté la mise en forme spirituelle proposée par Gérard Guérin, mais je n’ai pas raté le café dont j’ai besoin pour achever de me réveiller. J’arrive à temps pour entendre le premier conférencier, Jérôme André, président de « HF Prévention », association de prévention du sida et des IST dont j’ignorais le nom et l’existence. Tout de suite ce président, jeune et bénévole, me passionne. Comme il n’est pas question ici de résumer son intervention, je précise ce qui m’a frappé dans cette association :

. Elle a fait le choix d’intervenir pour la prévention dans certains lieux un peu délaissés, comme les parkings d’autoroute. Je dois reconnaître qu’à cette occasion j’ai su de façon un peu plus précise comment s’y déroulent des rencontres sexuelles, en particulier entre hommes qui ne se considèrent pourtant pas comme homosexuels. Mais, bien sûr, cette association intervient aussi ailleurs, en banlieue parisienne.

. Employant des salariés, elle privilégie pour le recrutement de jeunes homosexuels, en général rejetés par leur famille.

. Enfin elle privilégie la collaboration avec les autres associations. Elle met, par exemple, tous ses dossiers de demande de subvention à la disposition des associations qui le désirent.

L’une des pistes de travail actuelles de l’association est la lutte contre l’homophobie, en particulier l’homophobie familiale, première cause de rejet et de suicide des jeunes homosexuels. Ceci concerne évidemment les milieux chrétiens et en particulier catholiques. L’intervenant signale tout de même que les aumôneries d’établissements d’enseignement sont des lieux où les jeunes peuvent trouver une écoute sans jugement. (site de l’association : HF prévention)

Après cette découverte, la deuxième intervention de la matinée est celle de Ludovic Zahed, président de « Homosexuels Musulmans de France », ce qui a priori n’est pas banal. Son parcours l’a amené à examiner différentes religions, de l’islam au bouddhisme, en ce qui concerne leur attitude vis-à-vis de l’homosexualité et des femmes, pour en revenir finalement à l’islam dans lequel il a décidé de lutter car, par exemple, d’après Tariq Ramadan, « L’homosexualité est le plus grand problème de l’islam en Europe ». Sa lutte se situe, d’une part, sur le plan de la solidarité envers les personnes concernées et, d’autre part, sur celui de la doctrine religieuse. (site de l’association : HM2F)

 

L’après midi, à mon tour de piloter les débats pendant une heure consacrée, à ma demande, aux réussites et aux échecs des groupes locaux. Quelques traits saillants : plusieurs groupes sont en difficulté et souvent ne se réunissent plus. La décroissance des effectifs, si elle frappe tout le mouvement associatif, est sans doute due en partie, dans le cas du sida, à l’évolution des traitements. Nous sommes passés d’une épidémie mortelle à une maladie plus rare et que l’on sait souvent maintenir au stade de maladie chronique. Ceci n’empêche pas certains groupes de métropole de continuer à avoir une activité soutenue en faveur des PVVIH, et explique sans doute en partie la vitalité de certains groupes des DOM-TOM affrontés à une situation sanitaire beaucoup plus difficile. Un trait relativement nouveau à signaler : dans certains diocèses, les relations avec l’évêché sont difficiles ; nous sommes mal acceptés. Manifestement il y a ici une régression au niveau de l’Eglise catholique, même si, dans d’autres diocèses, tout se passe mieux. Le travail entamé par cet échange sera poursuivi et il vous en sera rendu compte : il s’agit, en collaboration avec les groupes et le Conseil d’administration, de réfléchir sur l’avenir de notre association.

La suite des activités de ces deux jours comporte d’abord un certain nombre de passages statutaires obligés et utiles. L’approbation du commissaire aux comptes était attendue, mais on a pu constater à cette occasion que la trésorerie était en de bonnes mains : notre nouvelle ministre des finances, qui succède à Germaine, inspire la confiance : c’est une succession dans la continuité.

Nous avons parlé ensuite, dans un ordre qu’il m’est difficile de reconstituer, de l’Afrique, des Caraïbes, du journal de l’association et de sa diffusion, de la formation mais le plus frappant me semble être l’intervention du président insistant sur la nécessité de nous retourner vers les chrétiens. L’une des missions de Chrétiens et sida est en effet d’alerter les Eglises sur les problèmes mis en évidence par la maladie et, en ce moment, il est nécessaire, comme l’a d’ailleurs souligné le premier intervenant des journées, de dire notre désaccord avec des discours sur la sexualité conduisant en particulier à l’homophobie, y compris la plus dangereuse pour les jeunes, l’homophobie familiale. Ce phénomène concerne au premier chef l’Eglise catholique.

Je soulignerai pour terminer l’optimisme du président envers l’avenir, l’assemblée générale lui ayant donné l’impression d’une association dans laquelle il se passe des choses, qui peut donc réfléchir et prendre un nouveau départ.

N’oubliez pas de participer à cette réflexion et aux actions associées !

Gilbert Arsac, de Lyon

 

 

Assemblée Générale de l’association

 

Adhérents à jour de leur cotisation : 142

Membres présents : 29

Membres représentés : 22

 

Renouvellement du conseil d’administration :

Pierre Bolet étant démissionnaire, Dominique Goblet, Marie-Claude Lachand, Dominique Ohresser, Christiane Huraux, Marie-Thérèse Capgras arrivant en fin de mandat, 6 postes sont à pourvoir,

Trois candidats se présentent : Christiane Huraux, de Créteil, Marie-Thérèse Capgras, de Paris et Béatrice Delhaye, de Quimper. Les trois candidates sont élues.

 

Le nouveau conseil d’administration est composé de 12 membres :

Nadia Agapé, Jacinthe Aguettant, Thierry Bauda, Bernard Bassama, Marie-Thérèse Capgras, Bernard David, Béatrice Delhaye, Gérard Guérin, Christiane Huraux, Jacky Potin, Elisabeth Reigner, Jean-Louis Vildé.

 

Le nouveau bureau est composé de 5 membres, pour un an

Président : Thierry Bauda

Vice présidente : Nadia Agapé

Vice président : Jean-Louis Vildé

Trésorière : Elisabeth Reigner

Secrétaire général : Bernard David 

 

 

 

Extrait du rapport financier 2011

 

Pour la quatrième année consécutive, le résultat consolidé de l’association est légèrement en négatif.

 

Les produits au compte d’exploitation 2011

Si nous omettons les contributions en nature, nos produits ont baissé. Cette baisse est due principalement à la diminution des fonds propres – dons et collectes - et des cotisations,

En 2011, globalement, les subventions ont légèrement augmenté. Cette augmentation est due, cependant, en grande partie à des rappels sur des sommes dues par l’INPES au titre de 2006, 2007, 2008 et 2009.

Il faut constater une baisse des subventions reçues des ARS[1], du Cnasea[2] et de la FNDVA[3]. Si on exclut la subvention de la DGS, les subventions reçues sont inférieures à celles demandées.

 

Les charges au compte d’exploitation 2011

Les charges de personnel représentent 58% des charges. Elles ont notablement diminué de par le départ de Christelle et d’un passage à temps partiel du secrétariat à Quimper.

Cet effort n’est pas sans conséquences sur la qualité des services rendus : si nous avons pu remédier au départ de Chrystelle pour ce qui concerne le journal, tel n’est pas le cas du maintien en l’état du site internet et du maintien d’un échange d’informations suffisant entre les différents membres de l’association.

Faire vivre une association au plan national et dans les DFA implique des frais de déplacements très lourds. Ceux-ci représentent 15 % des charges. Il faudrait réfléchir à les diminuer.

Des dépenses n’ont pas été engagées, contrairement aux engagements pris, notamment avec l’INPES. Les actions liées à ces dépenses seront à engager en 2012.

 

Le bilan 2011

La trésorerie en fin d’année est toujours importante. Cela ne signifie en aucun cas que notre situation est confortable. Cela est absolument nécessaire pour faire face aux dépenses en début d’année suivante, car les subventions n’arrivent en général qu’en milieu d’année, voire au dernier trimestre. Cela nous permet d’assumer nos dépenses sans faire appel à des avances sur conventions signées auprès des banques, avances qui sont toujours très coûteuses.

 

Le budget 2012

Notre action dans les DFA est reconnue et appréciée par nos financeurs. Notamment en Guyane, ceux-ci, ARS, ville de Kourou, Sidaction, ont notablement augmenté leurs subventions. Dans le contexte actuel de réduction des dépenses de l’Etat, on peut dire que c’est un exploit. Ceci nous permet d’embaucher Cecilia en CDI à temps partiel (90 %). Une réponse d’Adultes Relais nous permettrait de revenir à 100 %.

La DGS maintient encore cette année sa subvention. En revanche, compte tenu d’actions non réalisées, l’INPES est susceptible de demander des remboursements.

Ce budget n’intègre pas à ce jour deux demandes, l’une concernant un appel à projet de l’ARS Guadeloupe et l’autre du ministère de l’Outremer pour financer un projet de grande ampleur au Cameroun.

 

Les produits attendus sont évalués en baisse par rapport à ceux qui ont été engrangés en 2011. Ceci est du à la diminution du nombre des sessions de formation, du montant des emplois aidés (Cecilia passée en CDI) et de l’éventuel refus à des demandes précises. J’invite fortement l’ensemble des groupes locaux à nous transmettre leurs prévisions budgétaires.

Qui dit moins de recettes, dit moins de dépenses. Les deux postes sur lesquels on peut jouer sont les salaires et les déplacements.

En 2013, nous devrons renégocier quelques conventions, notamment avec la DGS, dans un contexte de réduction des déficits et donc d’une baisse possible des subventions.

Elisabeth Reinier, trésorière

 

 

Atelier Partenariat

 

D’ores et déjà, les groupes locaux mènent des actions en partenariat. Les associations avec lesquelles nous travaillons sont variées et dépendent du contexte local.

Il est souhaitable de développer les partenariats à l’échelon national

Nous ne pouvons pas travailler seuls alors que les problèmes sont partagés et nous enrichissons nos pratiques et nos réflexions des apports des autres. C’est d’ailleurs inscrit dans nos statuts.

Cependant la recherche de partenaires est un moyen et non un but en soit.

Il faut donc donner du sens au partenariat conforme à nos propres objectifs : agir au sein de nos églises, accompagner des malades, lutter contre l’exclusion dont souffrent ceux qui sont porteurs du virus, lutter contre l’homophobie, promouvoir une sexualité responsable et respectueuse de l’autre.

La recherche des partenariats se segmente selon les actions définies au préalable : partenaires « laïques » et partenaires « religieux »,

 

Faire bouger l’église :

Le caractère œcuménique de notre association nous conduit à rechercher des partenariats avec des organisations protestantes ou catholiques. Nos rencontres, cet hiver, avec de jeunes séminaristes orthodoxes nous prouvent qu’il existe une attente d’échange de leur part, attente à laquelle nous devrions répondre. L’exposé de Ludovic ZAHER nous invite également à travailler avec les musulmans qui se heurtent aux mêmes difficultés que nous au sein de leur communauté : leur expérience, leurs pratiques peuvent nous aider à renouveler ou enrichir les nôtres.

               

Trouver un écho au sein de la société

Cela peut passer par la coproduction de communiqués ou de pétition. Ce n’est pas chose aisée et on ne peut s’arrêter là.

Notre présence au sein des Corevih est fondamentale : c’est un moyen de s’insérer dans un réseau. Il ne faut pas négliger ce que peut apporter l’Unals

               

Agir

Nous nous enrichissons là encore dans le partage et la rencontre sur le terrain. Mais c’est une chose que les groupes locaux développent bien.

               

Etre à l’écoute et avoir quelque chose à apporter

Le partenariat ne se décrète pas, encore faut-il être attractif. Ceci veut dire s’interroger sur ce que les autres peuvent attendre de nous et sur ce que C&S peut apporter de différent ou de plus par rapport à ce qui existe déjà.

Promouvoir nos publications, mettre à jour nos documents pour valoriser notre démarche, nous former, inviter les autres associations à nos formations autant de moyens d’aller vers les autres.

Les groupes locaux ont beaucoup à s’apporter les uns aux autres. Revivifier l’Esperluette est un bon moyen de faire vivre cette volonté de démarche commune en dehors de nos rencontres annuelles. Il est clair que le départ de Chrystelle a mis un frein à nos échanges et toute idée qui nous permettrait de remettre à niveau nos outils de communication interne est à creuser.

Elisabeth Reinier, de Paris

 

 

Commission Afrique –Migrants 2011

 

Migrants

Un grand nombre des sympathisants de X&s participe aux activités de la Communauté Chrétienne des Africains, particulièrement aux messes des 1er et 3e dimanches du mois.

Bernard Bassama y prend souvent parole pour parler des activités de X&s et sensibiliser les participants à la lutte contre le sida. Parfois, une table avec des documents concernant les activités de l’association est dressée au lieu de convivialité.

Nous essayons également de sensibiliser les migrants et leurs proches au foyer Bisson (20ème), malgré les réticences des certains résidents du foyer.

Nous avons participé aux rencontres du groupe Biso-Farafina de Aides, composé essentiellement de migrants d’origine subsaharienne et y faisons connaître les activités de X&s, ainsi qu’à la rencontre du Raac-sida (Réseau des Associations Africaines et Caribéennes), en Décembre 2011 à Nice.

Bernard Bassama, commission Afrique/Migrants

 

Journées Afrique 8/9 octobre 2011

Ces journées avaient pour thème ‘Étranger et malade, tu m’as accueilli’

Antoine, empêché physiquement, nous offre pour méditation la rencontre du « poverello » avec des lépreux, événement qui fut à l’origine de sa vocation. En écho, Maïté nous partage sa rencontre avec des femmes russes séropositives en marche vers Lourdes et leur désir d’ouverture vers d’autres femmes «comme elles».

Ces deux points constituent une excellente introduction au thème de la journée qui porte sur l’accueil en paroisse des personnes séropositives, ici et ailleurs.

Benjamin Demagny, de l’Espace Santé-Droits du COMEDE[4], nous informe sur l’accès aux soins pour les étrangers malades, à la lumière des dernières règlementations. Exposé très clair. Discussion riche. Documentation laissée à disposition au siège.

Romain Mbiribindi, d’Afrique Avenir, nous fait part de la pratique des TROD[5] en milieu associatif, pratique qui demande une bonne infrastructure.

Peu de participants parmi les membres de X&s. En revanche, pas mal de participants d’origine africaine. Le curé de Saint-Denys-La-Chapelle, lui-même originaire d’Afrique, est venu partager notre repas.

La réflexion théologique autour de l’accueil évangélique est magistralement animée par le Pasteur Bulangalire, intervenant très chaleureux et pragmatique.

Deux représentantes de SFH[6] ont présenté leur matériel d’animation et de formation basé sur des témoignages, des notions pratiques de prévention et sous-tendu par l’esprit évangélique. Les manuels sont presque tous traduits en français et se révèlent très utiles auprès des croyants en Afrique.

Le lendemain fut plus spécialement consacré aux membres de X&s.

Partage des actions conduites en partenariat en Afrique et des relations entretenues par les divers groupes locaux. Le projet mené à Brazzaville par le pasteur Séraphin Yongo auprès des sourds-muets et malentendants, et soutenu par le DEFAP, a particulièrement retenu notre attention. Le groupe des Yvelines, comme en 2010, s’engage à consacrer sa collecte du 1er décembre à cette action. Cette aide contribuera à la construction de classes pour ces personnes handicapées et à l’achat d’un véhicule destiné à la prévention sida dans la campagne environnante.

Christiane Huraux, commission Afrique/Migrants

 

 

Une nouvelle année de lutte contre le sida à Lyon

 

Le 1er décembre 2011 était comme chaque année la journée internationale de lutte contre le sida à l’initiative de l’organisme de l’ONU chargé de la lutte contre cette maladie. Le groupe lyonnais de Chrétiens et sida, hébergé dans les locaux de la rue Lanterne, y a pris part comme chaque année. En dehors des manifestations organisées en liaison avec la mairie de Lyon par l’ensemble des associations de lutte contre le sida, une veillée de prière oecuménique s’est tenue dans le sanctuaire Saint Bonaventure, à l’initiative de Chrétiens et sida, mais aussi des associations réunissant des homosexuels chrétiens : David et Jonathan, Devenir Un en Christ et la communion Béthanie.

Une cinquantaine de personnes se sont donc retrouvées le 30 Novembre dans une chapelle de Saint Bonaventure, pour une heure que nous avons voulue simple et recueillie. Notre thème central a été la parabole du Bon Samaritain et plusieurs d’entre nous ont découvert à cette occasion des aspects de ce texte qui leur avaient échappé, alors qu’il est si simple d’apparence : rien ne nous est dit du voyageur blessé dont on ne sait si c’est une personne respectable, un affairiste peu scrupuleux, un mauvais croyant. Aucun jugement n’est porté sur cet homme, seul importe le fait qu’il a besoin de secours. Ceci nous fait penser inévitablement aux malades du sida qui sont malheureusement parfois considérés comme coupables de leur maladie.

Comment ne pas rapprocher aussi l’attitude du prêtre et du lévite, qui passent leur chemin, de celle des pays riches qui diminuent actuellement leur participation financière à la lutte contre le sida dans les pays pauvres, condamnant ainsi ceux qui pourraient être sauvés s’ils avaient accès aux traitements ?

Gilbert Arsac

 

 

Groupe local de Quimper

 

Les 25 Adhérents de notre groupe ne sont pas tous aussi engagés les uns que les autres, mais nous veillons à ce que chacun, selon ses disponibilités, prenne sa part dans la bonne marche du groupe.

 

Projets et actions à court ou moyen terme

. Finaliser le travail sur l’auto-évaluation qui, sous la direction de l’UNALS, a mobilisé beaucoup de personnes l’an dernier et cette année et améliorer les points suivants :

* la convivialité (sorties d’été, soirées …)

* la réflexion (soirées à thème)

* la prévention en lycées (formation, outils …)

* le partage des responsabilités dans le groupe

. Poursuivre, avec 2 formateurs de Myriade, la réflexion sur l’éducation thérapeutique du patient. Le groupe est formé de membres de l’hôpital, médecin et infirmiers du Réseau VIH, psychologue, assistante sociale… et 2 représentants d’association, Aides et X&s. Trois journées pleines ont déjà eu lieu.

. Continuer à préparer le 1er Décembre avec l’équipe de coordination (C.D.A.G.- C.C.A.S. - IFSI - MPT - Infirmiers de lycées …) La 4ème réunion est prévue mi-juin.

. Étudier un projet d’atelier-cuisine, préparé par cinq étudiants de l’IFSI

Jacky Potin

 

 

Vaucluse, extraits du bilan 2011

 

Cette année, nos forces vives se sont un peu dispersées mais, en octobre, nous avons accueilli Pascal qui, après avoir rencontré le groupe X&s de Nîmes et habitant Montélimar, se proposait de nous rejoindre. Il va nous aider pour les séances de prévention.

En octobre, Lucie d’Antin, assistante sociale et sympathisante de X&s nous quittait.

 

 

 

 

Un travail en partenariat

-          Christian, de Signe de vie Sida, de retour du Cameroun, a travaillé avec nous autour de la méthode GRAAP originale. Il a lui-même élaboré sur place un livret de prévention fort bien illustré.

-          34 partenaires ont participé à l’élaboration du 4ème concours « Ecrire contre le Sida », initié par le Comité d’Education à la Santé du Vaucluse. La remise des prix s’est faite le 1er Décembre au Théâtre des Carmes, où les élèves du Conservatoire ont mis en scène les textes primés.

-          Avec le pôle LGBT, nous avons préparé la semaine de Lutte contre l’homophobie et avons participé aux actions par :

* un stand X&s, à l’Espace Vaucluse du Conseil général,

* un texte d’accueil aux « Sœurs de la Perpétuelle Indulgence »,

* une participation à l’expo de la Mairie : « Les condamnés ; dans mon pays ma sexualité est un crime ».

* une présence à la pièce ‘Maman fait son coming out’ et au film ‘Quelques jours de répit’

-          Au 6ème forum des associations Gays, sur « Homosexualité et religions », organisé par l’association « Des ils et des elles », nous avons rencontré l’Association des homos musulmans de France, l’HM2F, des membres du « Refuge » qui accueille des jeunes rejetés par leur famille. et le Ravad, réseau d’assistance aux victimes d’agressions et de discriminations.

-          L’association du Nid nous a conviés à une journée de formation « Sexualités et Handicap » ;

-          Aides nous ont conviés à sa             rencontre  « Bilan / projets »

-          Le Président d’«Elus Locaux Contre le Sida » Jean Luc Romero, avait invité largement à une rencontre à la Mairie.

-          Des liens avec nos amis d’Afrique

-          Le Pôle solidarité du Lycée St-Joseph, où une cinquantaine d’élèves était impliquée dans le jumelage avec « Vivre dans l’espérance » au Togo, a animé une petite fête avec un montage vidéo, en Juin. Ces élèves ont demandé plus de liens avec les jeunes togolais.

En septembre 2011, 21 élèves ont été retenus pour le jumelage et en décembre, ils ont accueilli sr Françoise, de notre équipe, franciscaine togolaise et sage femme qui a brossé un tableau réaliste de la situation dans son pays et leur a parlé de ses actions dans le sud du Togo, avec la méthode ‘La flottille de l’Espoir’ et la création d’une ‘Maternité à moindre risques’ qui permet plus de discrétion pour les PVVIH.

Nous décidons de travailler à la récolte de fonds pour acheter un ordinateur à nos jeunes amis de Dapaong comme cadeau de Noël. Pour cela nous organisons 2 ventes de gâteaux faits maison, et 2 ateliers « cartes de vœux ».

A l’œuvre en Eglise

-          Le relais prière poursuit sa course, avec pourtant une parution plus espacée ;

-          Au forum de la Pastorale de la Santé sur « La consolation », Roch Etienne Migliorino, ancien infirmier en milieu carcéral, nous invitait à « nous consoler de notre incapacité à pouvoir tout faire... et à nous dessaisir de notre volonté d’aider l’autre, pour laisser Dieu le faire ».

-          Le 2 décembre, le pasteur nous invitait à une prière œcuménique dans la chapelle de l’hôpital.

Nous avons aussi réfléchi sur notre spécificité. Chrétiens & Sida a pour vocation de nous entraîner les uns les autres à la veille. Que ce soit dans l’attention aux personnes touchées, dans la dénonciation de l’injustice par rapport à la possibilité d’accès aux trithérapies dans le monde, ou dans la prévention et dans la prière.

 

 

"Stratégies pour l’espoir"

 

Nous devons tous trouver des moyens de plus en plus innovants et efficaces pour lutter contre le sida. C'est pourquoi j'ai le plaisir de vous informer de la publication de l'ouvrage ‘Invoque-moi. Que nous dit la Bible à l'époque du sida ?’.

 « Invoque-moi » consiste en 20 études bibliques sur des thèmes associés au VIH et au sida, comme sexe et sexualité, guérison, chagrin et deuil, stigmatisation, discrimination et déni, mariage, peur et anxiété, et enfants… Il est écrit dans un style simple et clair, et contient 22 illustrations réalisées par l'artiste zimbabwéen Mashet Ndhlovu

Cet ouvrage a été écrit par 12 leaders religieux dans quatre pays africains : Ghana, Afrique du Sud, Tanzanie et Zambie. En Afrique du Sud, deux groupes de personnes vivant avec le VIH ont participé à l'élaboration de trois des études bibliques. Les auteurs représentent un large éventail œcuménique, à savoir les églises anglicane, catholique, luthérienne, méthodiste, pentecôtistes et réformée.

« Invoque-moi » est axé sur l'action. Il a pour but de permettre aux groupes religieux et communautaires de faire face à des questions difficiles et délicates liées à l'épidémie du sida, et de trouver des moyens d'y répondre. Chaque étude biblique consiste en sept étapes clairement définies, aboutissant à une session au cours de laquelle les participants analysent comment apporter une réponse à des questions particulières.

Trish Attwooll

www.strategiespourlespoir.org

sfh@stratshope.org
  Fondation Stratégies pour l'Espoir

93 Divinity Road, Oxford OX4 1LN, UK.

 

 

 

 

 

 

Intercession du début d’AG

 

Lors d’un comité Afrique, en 2010, Antoine proposait d’écouter un texte de Jacques Maritain[7]. Ce texte prend une couleur particulière aujourd’hui.

« Ils les appellent des morts. Ils n’ont pas été capables de renouveler le misérable vocabulaire humain sur un point qui touche cependant aux données essentielles de leur foi ! Des morts ! On va assister à une messe des morts ! On va au cimetière porter des fleurs aux morts, on prie pour les morts ! Comme s’ils n’étaient pas des milliards de fois plus vivants que nous ! Comme si la vérité fondamentale énoncée dans la Préface de la Messe des défunts - ‘’vita mutatur, non tollitur’’ « la vie est changée, elle n’est pas ôtée » - était elle-même une vérité morte, incapable de féconder et de transformer la commune routine de notre manière de concevoir et de parler.

Villiers de l’Isle Adam disait que la mort était une invention des entrepreneurs de Pompes funèbres

De fait, je pense que le mot ‘’mort ‘’ a son juste emploi quand il sert à désigner le moment terrible où l’âme se sépare du corps. Alors oui, on est en face de la mort qui fait horreur à notre nature, à tel point qu’il est impensable de dire qu’un homme ‘’ est en train de mourir’’. Après cela, on peut mentionner cet homme comme ‘’ mort’’ sur les registres d’état civil, ou de la police, dont le vocabulaire n’est pas celui de la vérité, mais des apparences sordides.

Mais ceux qui ont quitté cette terre pour entrer dans l’autre monde ne sont pas des morts. S’ils sont au ciel et voient Dieu, ils sont les vivants par excellence… »

 

Et Antoine ajoutait :

« Jacques Maritain a été scandalisé par la manière dont les chrétiens parlent des morts. Pour lui, les morts sont plus vivants que nous, des vivants par excellence. Jacques Maritain lui-même a été bouleversé par la mort, celles de sa mère, de sa femme, de sa belle-sœur…

Comment imaginer, penser la vie éternelle ? Elle se vit déjà aujourd’hui ».

 

A Madagascar, il m’a été donné de participer à des liturgies d’action de grâce ou de réconciliation, selon les rites ancestraux que, nous, nous disons, parfois avec un léger mépris, « animistes ». Je n’ai jamais entendu une telle foi dans la présence immédiate et quasi tangible de ceux qui nous ont précédé et ont fait leur passage. Pour moi, il n’y a pas foi plus claire en la ‘communion des Saints’. Maritain et les « gens de la forêt » malgache se rejoignent dans une même expression de foi en une seule famille humaine, une famille de vivants, que la mort ne saurait séparer. Nous allons maintenant appeler nos « ancêtres », ceux que nous avons aimés et côtoyés, pour qu’ils participent auprès de nous à nos réflexions et actions de grâce. Gérard Guérin

 

Viens, Esprit de sainteté

Viens, Esprit de Lumière,

Viens, Esprit de feu

Viens nous embraser

 

Nous vous appelons, sœurs et frères,

vous qui avez porté au jour le jour le poids de la maladie causée par le VIH,

vous qui avez lutté jusqu’à vos dernières forces pour vivre encore,

vous qui avez subi mille morts depuis 30 ans,

soumis à la prise de médicaments et à de lourdes thérapies,

vous qui avez fait le passage, libres et vivants aujourd’hui

 

Nous vous appelons, sœurs et frères d’Afrique, des pays du sud et de l’Est

vous qui avez payé un lourd tribut à cette maladie,

privés des médicaments qui vous étaient chichement distribués

et des moyens de survie qui vous étaient dus,

ployant sous le regard à l’affut du mal ou de la faute

prisonniers de la peur, de l’angoisse et, pourtant, espérant en un surcroît de vie

 

Nous vous appelons, sœurs et frères bénévoles de tous poils,

qui, parfois jusqu’à la mort, avez donné votre vie pour les personnes touchées par le virus, vous qui avez combattu la maladie, la stigmatisation et l’exclusion,

vous qui n’avez eu de cesse que vivent pleinement les malades du sida

 

Nous vous appelons, sœurs et frères volontaires et membres d’associations

qui avez su donner le meilleur de vous-mêmes

pour que vivent ceux que vous aimiez ou qui vous étaient devenus proches,

vous pour qui « solidarité » n’a pas été qu’un mot,

vous pour qui le mot « amour » se traduit dans le concret de la vie

 

Nous vous appelons, sœurs et frères soignants ou chercheurs

qui avez mis au service de ceux qui étaient touchés

votre intelligence, votre créativité et votre dynamisme

pour que soient explorés de nouveaux chemins de guérison et de vie

 

Nous vous appelons, vous aussi, qui continuez le combat

au sein de notre association ou d’autres associations

et qui n’êtes pas présents de corps aujourd’hui

mais qui gardez au cœur la foi, l’espérance et la charité des pionniers.

 

Nous t’appelons, frère Antoine,

toi qui a su discerner les signes des temps,

toi qui a entendu les cris de détresse de ceux qui n’avaient plus de voix

qui a redonné la foi en l’avenir à tant de femmes et d’hommes,

toi qui a perçu à temps que les chrétiens ne pouvaient rester fermés aux appels des souffrants, qui a redonné une parole de vie crédible aux Eglises.

 

Nous t’appelons, toi, Dieu Père,

qui veux qu’aucun de tes enfants ne se perde et vive.

Nous t’appelons, toi, Jésus Christ,

qui a combattu jusqu’au bout de la vie

pour que ton message d’amour soit reçu comme chemin de vie et de bonheur pour tous

Nous t’appelons, toi Esprit,

qui, durant ces journées va faire fleurir paroles de vie, actes d’amour et sourires aux lèvres.

 

 

Appel

 

Chers membres de « Chrétiens & Sida »

 

Certains d’entre nous pensent utile d’approfondir nos réflexions sur la morale sexuelle qu’il nous faudrait promouvoir en tant qu’association chrétienne. Utile de mieux préciser ce que nous entendons quand nous préconisons, à des jeunes ou à de moins jeunes, une sexualité responsable. De réfléchir aux questions posées par l’homosexualité afin de mieux lutter contre l’homophobie. Et le projet de créer un « comité sexualité » au sein de notre association est mort-né.

 

Le Père Vincent LECLERCQ pense qu’il serait peut-être possible d’organiser, dans les mois qui viennent, à l’Institut Catholique, un séminaire pour réfléchir à ces questions avec des théologiens (catholiques ou protestants) et travailler sur des textes bibliques, patristiques ou magistériels. Le rythme d’un tel séminaire pourrait être de l’ordre de 2 séances de 2 heures par trimestre.

 

Le Père Vincent LECLERCQ est prêtre assomptionniste, docteur en médecine. Il a publié en 2010 un important travail sur les soins que nous devons aux victimes du VIH (« Blessed are the vulnerable » - Twenty Third Publications). Il est intervenu sur ce sujet il y a deux ans au cours de notre Assemblée Générale. Il est actuellement chargé du cours de morale sexuelle à la Faculté de Théologie de l’Institut Catholique de Paris. Il serait d’accord pour coordonner un tel séminaire de travail.

 

Que pensez-vous d’un tel projet ? Et, si vous y êtes favorable, et intéressé, me le faire savoir au plus tard en septembre ?

 

Bien amicalement.

Alain Lachand, de Paris

 

 

Assemblée générale de l’UNALS

Comme convenu, j’ai participé à l’Assemblée Générale de l’UNALS le 25 juin.

J’ai voté le rapport financier, le rapport moral, ainsi que l’élection du nouveau Conseil d’Administration : y ont été introduits ou réintroduits des représentants des associations Actif-Santé, ALS, Arcat, Pari-T, SOS insertion & alternatives.

Les débats ont principalement porté sur :

-          Les programmes d’auto-évaluation proposés aux associations par l’UNALS. Il semble que ce soit un gros boulot mais que, une fois passée la phase de découragement, ce programme d’auto-évaluation facilite beaucoup l’administration de l’association et l’aide à obtenir ses financements.

-          Les inquiétudes que ressentent les associations face aux projets gouvernementaux de lutte contre la prostitution. Malika Amaouche, coordinatrice du collectif ‘Droits et Prostitution’ a expliqué qu’après la pénalisation du racolage, la pénalisation des clients risquait de refouler les « travailleurs du sexe » dans plus de clandestinité, et moins de protection sanitaire ou sociale (opinion qui rejoint celle du CNS).

-          Les regrets des associations concernant le peu d’efficience des COREVIH, notamment en région parisienne où l’ARS, Claude Evin, serait peu intéressé par le VIH. L’UNALS va saisir le CNS pour qu’il enquête, à mi-parcours, sur l’exécution du programme national 2010-2014 de lutte contre le VIH et les IST dans les diverses régions.

Il m’a semblé, par ailleurs, que les 36 associations de l’UNALS se plaignent de l’attitude de certaines associations concurrentes, qui auraient tendance à capter tous les crédits … J’ai cru comprendre que c’était AIDE qui était visé, mais ne peux en dire plus.

Alain Lachand, Paris

 



[1] ARS : Agence Régionale de Santé

[2] Cnasea : Contrats aidés

[3] FNDVA : Financement des formations

[4] Comité Médical pour les Exilés

[5] Tests Rapides d’Orientation et de Diagnostic

[6] Strategy For Hope

[7]écrit en 1963 et tiré de Carnet de notes, chapitre VIII, A propos de l’Eglise du Ciel :

 

L’ESPERLUETTE 

& 18 

Automne 2012

 

 

 

 

Hé oui, l’ignorance engendre la peur et le silence, la mort.

Alors parlons-en. Nous avons certainement quelque chose à dire.

Dans un climat où la caricature des uns le dispute à la candeur des autres, le Conseil Famille et Société, de la Conférence des évêques de France, sort un document intitulé « Elargir le mariage aux personnes du même sexe ? Ouvrons le débat ! »[1]. Le procédé est plutôt inhabituel et mérite qu’on le prenne en considération. J’ai envie de dire : Enfin ! Nous allons peut-être enfin pouvoir parler des personnes homosexuelles en termes de citoyenneté et de fraternité sans qu’on en rajoute forcément sur les « intrinsèquement pervers » ou « les comportements désordonnés » qui en feraient, quoi qu’on dise, des « mineurs », sinon des « pas tout à fait finis ». Sans préjuger des résultats des discussions et sans trancher immédiatement sur la possibilité ou non de se marier ou celle d’élever des enfants, on va peut-être enfin pouvoir ouvertement parler des droits de tout un chacun à vivre heureux et apaisé, selon son choix, dans le célibat ou une vie de couple. Avant tout, les personnes homosexuelles demandent, ou revendiquent selon les cas, d’être reconnus et respectés dans les désirs qu’ils ressentent, les projets qu’ils dessinent et les formes de vie qu’ils choisissent.

Qu’aurons-nous à dire, à Chrétiens & sida, non pas forcément sur le mariage des personne du même sexe mais déjà sur le fait que les personnes homosexuelles ne sont pas forcément toujours des « blessés de la vie », qu’elles sont capables de donner et recevoir de l’amour, de bâtir des projets de vie à deux, d’inscrire un couple dans la stabilité et la fidélité et, finalement, d’être heureux et de rendre heureux ? Toutes dispositions qui sont susceptibles de faire le plus sûr barrage au sida.

C’est à ce tournant qu’on nous attend.

Nul doute que nous y rencontrerons une Eglise qui dit : « … elle (l’Eglise catholique) reconnaît, au-delà du seul aspect sexuel, la valeur de la solidarité, de l’attention et du souci de l’autre qui peuvent se manifester dans une relation affective durable. » Pas encore le mot « amour », mais on n’en est pas loin…

Gérard Guérin


Devenir de l’association 

Le CA du 08 09 12 a repris les questions soulevées lors de la dernière AG de juin et concernant l’avenir de l’association. Il a dégagé quelques pistes de réflexion et axes d’action tels qu’évoquées dans le rapport d’audit du cabinet Mazars (voir plus loin) et suggérées lors de la rencontre des responsables de l’asso avec la DGS.

 

En amont de l’AG et lors de celle-ci, Gilbert Arsac avait déjà initié un travail sur les objectifs que pourrait se donner l’association pour les années à venir. Il a contacté les groupes mais regrette de n’avoir eu que peu de réponses.

On constate que :

-          le nombre des adhérents diminue ;

-          l’âge des adhérents augmente ;

-          les relations avec l’Eglise catholique varient suivant les temps et les lieux ;

-          les relations avec les Eglises protestantes sont bonnes quand elles existent ;

-          la qualité des relations demeure à l’intérieur groupes demeure.

Gilbert a noté les points forts qui se sont dégagés de la dernière AG et sur lesquels l’association devrait se positionner à l’avenir :

-          lutter contre l’homophobie ;

-          rédiger un message qui mette en valeur nos objectifs et nous positionne clairement ; réactiver la cellule de veille

-          réenclencher les relations avec les Eglises ;

-          développer l’œcuménisme ;

-          revoir et améliorer notre communication.

Tout ceci avec l’aide de partenaires.

Déjà des projets se dessinent :

Alain Lachand propose d’organiser avec l’Institut catholique une formation à la sexualité qui inclurait la lutte contre l’homophobie. Cette formation pourrait déboucher, en 2013, sur l’organisation d’un colloque, dans l’esprit de celui qui a eu lieu à La Villette en 2006. Des membres d’associations partenaires et des étudiants de l’Institut Catholique pourraient participer[2]

à cette formation.

 

 

 

Finances.

Lors de ce dernier CA, Elisabeth Reignier, a fait le point sur l’état des finances.

 

A cette période de rentrée, une bonne partie des subventions ayant été versée, la trésorerie se porte bien. Une rencontre est prévue avec la DGS le 27 septembre afin d’évoquer les actions de l’association, les projets en cours, les objectifs pour les prochaines années, les budgets correspondants et de prévoir la signature d’une convention, si possible pluriannuelle, comme la précédente qui arrive à terme cette année. Le CA est bien conscient qu’une baisse des subventions handicaperait durablement notre fonctionnement à venir. Sidaction nous soutient toujours en finançant l’accompagnement des personnes séropositives, soit 17 000 euros.

Comme en 2003, la DGS a mandaté un cabinet d’audit, le cabinet Mazar, pour vérifier si l’argent dont nous avons bénéficié a été employé a bon escient et si les actions correspondent bien aux objectifs de l’association et aux subventions versées. Le rapport est globalement favorable, même si aucune comparaison n’a été faite avec le rapport précédent.[3]

 

Afrique / migrants :

Christiane Huraux reparle du projet de sensibilisation des leaders religieux du Cameroun au problème du sida.

Le projet avance mais le dossier de financement a été refusé par divers financeurs, sous le prétexte que l’association était confessionnelle et que subsistait un doute sur le message de prévention porté par l’association (préservatif).

D’où l’impérieuse nécessité d’avoir un message politique clair porté par l’association, y compris sur la prévention.

La commission envisage une rencontre avec les associations africaines. Une journée de réunion des associations africaines va être mise en place, sous la houlette de Catherine Favreau. Des associations africaines, confessionnelles ou non, devraient y être associées. Cette journée serait prévue pour la fin janvier 2013 et aurait pour thème la prévention auprès des migrants.

DFA

 

Conférence Mondiale

Nadia Agapé, notre vice-présidente a participé à la Conférence Mondiale de lutte contre le sida de Washington. Vous trouverez en annexe les impressions fortes qu’elle en a rapportées.

 

Mission d’évaluation dans les DFA

Catherine Favreau effectuera prochainement une mission d’évaluation dans les DFA, d’abord en Martinique, puis en Guyane pour faire le point avec Cécilia, rencontrer les divers partenaires, participer au forum du Groupement Promo Santé sur le fleuve Maroni. Il est prévu que Catherine intervienne, à Maripasoula, sur la prise en compte de la croyance religieuse dans la lutte contre le VIH.

 

Mission d’évaluation en Guadeloupe

Nadia Agapé et Thierry Bauda seront en Guadeloupe vers la mi-octobre. Nadia doit participer aux COREVIH. Ils doivent rencontrer les bailleurs institutionnels, visiter le groupe local et travailler sur l’orientation des actions.

 

Formation à Saint-Martin

Nadia prévoit de réitérer à Saint-Martin, début 2013, l’expérience de 2007 qui avait rassemblé des responsables de diverses Eglises de tradition protestante pour une formation à la lutte contre le sida.

 

 

Communication 

Afin d’être en phase avec les priorités définies par le CA, et tout particulièrement avec la nécessité d’avoir une parole claire, le comité de rédaction prévoit que le prochain n° du magazine (74) fasse paraître des articles portant sur ces priorités[4].

 

Il prévoit également d’augmenter le tirage du magazine pour que la Pastorale de la Santé de chaque diocèse puisse le recevoir. La liste des destinataires va être revue et étoffée pour qu’y soient aussi inclus nos partenaires.

Gérard insiste pour que groupes et membres de l’asso lui donnent du grain à moudre. Le prochain magazine devrait sortir fin octobre, ainsi que l’Esperluette.

 

Deux affiches sortiront pour la fin de l’année, l’une avec le slogan ‘Dieu a besoin des hommes’ et portant la marque des religions dans le domaine du sida, l’autre, plus généraliste, avec ‘Toujours là !’ au milieu d’une foule.

 

 

Audit du cabinet Mazars

La DGS a diligenté le cabinet Mazars afin de procéder à l’audit de nos comptes sur la période 2009/2011. Ceci est une procédure normale pour toute association bénéficiant de financement de l’État. Le précédent audit avait eu lieu en 2003. Cet audit a démarré fin juin et s’est déroulé sur un temps très court, ce qui n’a pas permis d’approfondir certains points, à notre grand regret.

 

Globalement, le rapport nous est favorable : « Nous n’avons pas constaté de disfonctionnement majeur dans la mise en œuvre de la convention conclue avec la DGS sur la période 2009 2011 ». Il se termine par 15 recommandations portant sur l’organisation et 11 recommandations financières. Elles sont d’importance inégale et nous ne reprendrons que celles qui nous semblent les plus pertinentes pour l’avenir de notre association.

 

Recommandations portant sur l’organisation

- Penser la politique d’action de l’association pour les années à venir et définir une feuille de route pour les 2 ou 3 ans qui viennent. Ceci concerne autant les thèmes de nos actions que les moyens que nous nous donnons pour les mener à bien, en métropole comme dans les DFA ;

- Renforcer la politique de communication, notamment en revoyant le site Internet et la communication en direction des jeunes afin de relancer les adhésions ;

- Renforcer le travail avec les autres associations.

 

Recommandations financières

- Poursuite de la politique d’optimisation des coûts (les baisser le plus possible ....) ;

- Meilleure implication des groupes locaux dans la préparation du budget ;

- Rédiger, en collaboration avec les groupes locaux, un guide pratique pour la recherche de financement ;

- Quelques recommandations de moindre importance portant sur le contenu du rapport du commissaire aux comptes.

Bref, il y a du pain sur la planche et cela conforte notre démarche entreprise lentement mais sûrement depuis un an.

 

Quelques regrets

Le cabinet Mazars a tendance à appliquer à une association composée essentiellement de bénévoles certains critères qui ressortent plus de la nécessaire transparence des comptes vis à vis des actionnaires ou encore de la gestion d’associations composées majoritairement de salariés pour la conduite des actions. Le temps a réellement manqué pour en discuter avec le cabinet Mazars. Nous avons pu, lors de notre rendez vous avec la DGS, donner notre point de vue sur ce rapport. La DGS nous a demandé d’en faire une note écrite.

 

 

PERPIGNAN

Le groupe de Perpignan a fêté ses vingt ans d’existence et de militantisme. Thierry Bauda et Elisabeth Reignier ont participé à cet événement. Le texte ci-dessous reprend un article paru dans l’Indépendant du 1er octobre 2012. Cet article est un bel hommage mais ne rend pas compte de tout l’investissement, la disponibilité et la solidarité dont, depuis 20 ans, ont fait preuve les bénévoles du groupe.

 

Chrétiens & sida : 20 ans, toujours la même flamme !

L’association que préside Jeanne Danjou ne baisse surtout pas les bras dans la lutte contre le sida. Reconnue, elle maintient le cap.

Le Café de la Paix avait mis, mercredi soir, les petits plats dans les grands. C’est ici que l’association Chrétiens & sida 66, lancée il y a vingt ans par Jeanne Danjou, a pris son envol alors qu’elle a son siège aujourd’hui Quai Vauban. Sa pionnière tenait à marquer son territoire en invitant autour d’un superbe cocktail dînatoire une kyrielle de personnalités du département qui ne sont pas insensibles au credo de l’association. De Jean-Marc Pujol, le maire, accompagné de certains de ses maires de quartier et de conseillers, à Jean-Paul Alduy, le président de l’agglo, à l’évêque, Mgr André Marceau, en passant par le commandant de la gendarmerie, divers représentants des députés et sénateurs, sans oublier les multiples associations catholiques, tous militent dans la lutte contre le sida.

Le sida s’est banalisé.

« On doit beaucoup au P. Lion qui a été le membre fédérateur de l’association et qui nous a, hélas, quitté au printemps dernier » glissa en préambule Jeanne Danjou. « Chrétiens & sida 66 a mûri, progressé en effectifs. Ses ambitions n’ont pas changé. Elle tient à être le lien entre les malades et leur entourage. On se doit d’accompagner ceux qui sont en fin de vie, comme ceux victimes d’une grande solitude, de discrimination, voire même exclus de la société. »

Il y a du boulot, d’autant que la lutte contre le sida se banalise, deviendrait sujet tabou. Thierry Bauda, l’invité de marque, président national de l’association, l’admet : « Nous avons la rage et la foi, mais ça ne suffit pas. Notre association vit d’investissements personnels. Quand on voit les dégâts de la maladie, ça vous glace, sans parler de ses effets collatéraux, de l’exclusion, du regard de l’autre. »

Perpignan, l’exemplaire.

La foi a parfois soulevé des montagnes. Thiery Bauda, président depuis trois ans, répète à l’envi que la science et les médicaments, dans la lutte contre le sida, ont progressé. Il ne désespère pas qu’on vaincra la maladie alors que, dans le même temps, le pouvoir politique ne semble plus en faire une priorité. « Tant qu’il y aura des adhérents aussi denses, actifs, efficaces comme ceux de Perpignan et … de Quimper, les plus virulents des 21 antennes de l’Hexagone, il y aura de l’espoir », argumente le président.

Tant qu’il y aura une Marie-Madeleine Paris, grande bénévole de l’association et qui méritait d’être honorée et médaillée, Chrétiens & sida s’offrira un bel avenir. Aujourd’hui, l’association a 20 ans. Elle a gardé toute sa flamme.

D.J.

 

Elisabeth Reignier ajoute une note un peu plus personnelle à cet article rédigé par un journaliste.

Cette rencontre fut très chaleureuse et nombreuses furent les personnes venues témoigner leur amitié à notre association. Nous avons pu, Thierry et moi, échanger avec tous les participants. Il y a ceux et celles qui entretiennent un lien dans l’action en apportant des colis alimentaires, en invitant l’association à intervenir auprès des jeunes, ou encore des membres de l’hôpital qui savent ce que signifie une visite à un malade. Mais il y a également ceux et celles qui ne travaillent pas exactement sur le même terrain et qui ont voulu venir dire leur amitié, traduisant ainsi la qualité du tissu associatif dans la région.

Notre association reçoit un vrai soutien de la part de l’évêque qui vient une fois par mois participer aux rencontres organisées dans le local de l’association.

X&s y reçoit souvent plus de 50 personnes qui viennent parfois, simplement pour parler, être écoutées, regardées comme appartenant à l’humanité.

Un petit regret : le groupe ne participe plus souvent à nos AG : il aurait à nous apporter toute son expérience et sa vitalité.

Remercions enfin l’ensemble des membres de l’association qui nous reçus très chaleureusement et avec une grande simplicité. Ce fut un vrai bonheur.

(Le buffet était absolument magnifique, en partie offert par le café lui-même.)

 

 

Chrétiens & sida Lyon 2011

Avec beaucoup de retard voici le compte-rendu 2011 des activités du groupe de Lyon.

 

L’activité du groupe de Lyon en 2011 s’est exercée dans trois directions : poursuite des actions en commun avec les autres associations lyonnaises de lutte contre le sida, dans le cadre du groupe ECLAS, avant sa mise en sommeil à la fin de l’année, action spécifique de notre groupe visant le public chrétien, collaboration avec Hestia suite à la convention signée entre Hestia et Chrétiens et sida en juin 2011.

 

Actions en direction du public chrétien.

Nous sommes intervenus à l’Université d’été de La Vie du 12 Juillet. Cette manifestation nationale qui se déroulait cette année à Lyon à la maison Saint Joseph avait pour thème : « Comment vivre la solidarité face aux fragilités humaines et sociales ? ». Nous avons présenté notre association et expliqué comment nous prenions en charge les fragilités liées au sida.

Nous avons également présenté Chrétiens et sida et son action à l’Association familiale protestante avec qui nous partageons maintenant les locaux de la rue Lanterne, le Jeudi 24 novembre, au cours d’un repas suivi d’un débat, au temple de la rue Bancel.

A l’occasion de la journée internationale de lutte contre le sida du 1er décembre, nous avons organisé dans le sanctuaire Saint Bonaventure une veillée de prière œcuménique qui a rassemblé 50 personnes, et a été suivie d’un moment convivial. Cette veillée était organisée en collaboration avec les associations David et Jonathan, Devenir Un en Christ et la communauté Béthanie, toutes organisations d’inspiration explicitement chrétienne au service des personnes homosensibles. Nous pensons prolonger cette collaboration par une action en direction des jeunes chrétiens à la recherche de lieux d’écoute pour tous les problèmes relatifs à la sexualité et en particulier pour la prévention du sida.

Par rapport à des actions analogues des années antérieures nous n’avons eu besoin pour l’organisation de cette veillée que d’un minimum de moyens financiers car nous n’avons fait appel ni à un orchestre ni à un intervenant extérieur autre qu’un prêtre de Saint Bonaventure assurant habituellement l’accompagnement de l’association Devenir Un en Christ

 

Action en direction des structures ecclésiales.

Notre groupe entretient des relations de confiance et continues avec le SEDICOM (service diocésain de communication de l’Eglise catholique) qui relaie en permanence toutes nos initiatives (prières mensuelles, actions à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida) aussi bien sur le site internet du diocèse que sur le journal diocésain « L’Eglise à

Lyon ». En ce qui concerne les Eglises réformées, d’une part, notre association a son local dans une dépendance de l’Eglise réformée de la rue Lanterne, et d’autre part nous diffusons nos informations par l’intermédiaire de la Newsletter des luthériens et réformés.

 

Interventions dans les médias.

Le matin du 1er décembre, le responsable du groupe a été l’invité du matin pour un échange de dix minutes sur RCF (Radios chrétiennes de France). Le même jour du reste, une prise de vue a été réalisée à 11h au temple de la rue Lanterne, présentant en particulier l’association

Chrétiens et sida comme exemple de collaboration œcuménique, ceci dans le cadre de préparation de l’émission « Le jour du Seigneur » du 22 Janvier 2012.

 

Activités propres à l’association :

Organisation tous les mois, dans les locaux de l’association, d’une prière œcuménique qui rassemble une dizaine de participants. Réunions de travail du groupe en particulier en vue de préparer l’action du 30 novembre

Au niveau national, notre groupe était représenté, d’une part à l’assemblée générale de Juin

2011, d’autre part à deux formations nationales : l’une en juin sur le thème : les transformations de la lutte contre l’infection VIH et le sida, « Genre, Santé sexuelle et reproductive », l’autre en septembre sur le thème : Résistances à la prévention et échecs de l’éducation thérapeutique dans l’infection VIH. Nous étions également représentés à la formation organisée à Lyon par l’ALS en décembre sur l’actualité de la lutte contre la maladie.

 

Actions interassociatives.

Notre groupe a été représenté régulièrement aux réunions du collectif ECLAS qui rassemble les associations de lutte contre le sida de la région lyonnaise. Par son intermédiaire, il participe au Sidaction et à la journée mondiale de lutte contre le sida ; d’autre part, ECLAS est un lieu de coordination des interventions des associations représentées au COREVIH, dont

Chrétiens et sida représenté par Gilbert Arsac.

- Participation à la préparation et à l’animation de la journée Sidaction. En particulier, quête et distribution d’information sur le marché de la Croix Rousse, le 3 avril.

- Appel à participer à la manifestation publique organisée le 1er Décembre dans le cadre du collectif ECLAS.

 

Action auprès des malades.

D’une part le suivi sous forme de rencontre et d’écoute est organisé à la demande, d’autre part nous avons passé une convention avec la maison d’Hestia, établissement de santé voué à l’accueil des malades du sida. Cette convention signée en Juin a commencé à prendre effet immédiatement.

 

Quelques données quantitatives :

Bénévoles actifs : 4

Nombre de réunions du groupe de Lyon : 3

Nombre de prières hebdomadaires : 9

Nombre de réunions du groupe ECLAS : 4

Réunions COREVIH : 3

Interventions à Hestia : 10

Dans ce décompte, ne sont pas dénombrées les rencontres et réunions « à la demande ».

Gilbert Arsac

 

Pour des soins gratuits contre le Sida

Lors de la VIIIème Conférence internationale sur le sida, le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat, a plaidé en faveur d'un accès gratuit aux thérapies en Afrique, notamment pour les femmes.


 A l'ouverture de la VIIIème Conférence internationale sur le sida à Rome, le Secrétaire d'Etat a rappelé que la mortalité maternelle en Afrique était largement liée à cette maladie: "Il n'est plus acceptable que tant de mères meurent et que des milliers d'enfants poussent constituer une génération perdue. L'Afrique, a dit le cardinal, a l'énergie nécessaire car elle est le continent de l'espérance... Il faut donc œuvrer à la protection des femmes et de leur fonction maternelle... L'Eglise, qui est présente dans les pays frappés par l'épidémie, se préoccupe vivement de ce grand drame, qui fauche tant de vies, affaiblit des sociétés entières et menace leur avenir... Il faut accentuer l'effort. L'infection progresse parmi les femmes, qui sont le pilier de la famille et de la communauté, au risque de l'hiver démographique pour nombre de sociétés. La maladie des femmes et des enfants rend malade la société entière".

Puis le cardinal a rappelé que 30% des centres de soins anti-sida sont catholiques et que l'action de l'Eglise dans ce domaine se double de "campagnes de sensibilisation, de prévention et d'assistance aux orphelins, de distribution de vivres et médicaments, d'aide à domicile et dans les diverses institutions médicales pour les malades du sida, collaboration avec les pouvoirs publics, soins en milieu carcéral, catéchisme et assistance via Internet, groupes d'aide au malades... Je désire lancer un appel à la communauté internationale et aux donateurs pour que les malades du sida bénéficient de soins efficaces et gratuits, pour un accès universel à partir des mères et des enfants. Au nom du Pape, je veux être la voix de tous les malades sans voix. Ne perdons plus de temps pour trouver les moyens nécessaires! L'OMS confirme que l'accès universel aux soins est possible matériellement et économiquement. Il ne s'agit plus d'une utopie... et il faut tenir compte de l'incapacité de la majorité des Africains et des femmes africaines à accéder à ces thérapies. Ces soins doivent désormais être gratuits".

Source VIS du 22 juin 2012

 

« Les... »

Jacques Bancal s’insurge contre la façon dont on parle souvent des personnes homosexuelles, parents ou non, et nous invite à revenir aux fondamentaux du respect et de l’accueil.

           

« C'est notre devoir de prendre les armes et d'aller chasser les PD », ai-je lu début 2012 sur une feuille écrite anonymement par un élève de seconde. On est loin de ce que vient d'écrire l'épiscopat français à propos du débat sur l'élargissement du mariage aux personnes de même sexe :

« Le refus de l'homophobie et l'accueil des personnes homosexuelles, telles qu'elles sont, font partie des conditions nécessaires pour pouvoir sortir des réactions épidermiques et entrer dans un débat serein autour de la demande des personnes homosexuelles. »

            Chaque personne est unique et ne doit pas être enfermée dans une catégorie, selon une seule de ses caractéristiques. « Les » homosexuels sont aussi divers que « les » hétérosexuels. Dugas, steward de Air Canada, mort du sida en 1984, « avait semé la maladie et la mort tout au long de ses escales et à la cadence d'environ 250 partenaires par an » (lit-on dans «SIDA 2.0 »). Quoi de commun avec Philippe Arino qui proclame publiquement sa continence, ou avec un couple homosexuel qui souhaiterait célébrer publiquement son engagement à la fidélité et à l'assistance ?

            Quand on parle d'homoparentalité, de quoi parle-t-on ? La situation la plus fréquente résulte d'un homme et d'une femme qui ont vécu ensemble, ont eu un enfant, se sont séparés, puis l'un d'eux s'est mis en couple avec quelqu'un du même sexe. Quand des couples (homo- ou hétéro-sexuels), qui se séparent, se disputent la garde des enfants, c'est un juge qui essaye de trouver la meilleure solution dans l'intérêt de ces derniers. Sur ces sujets fort complexes, « Désirs de familles... homoparentalité, vraies questions, faux débats » vient d'être écrit par un juge au TGI de Paris, en collaboration avec une avocate qui est adhérente à l 'APLG (association des parents et futurs parents gays et lesbiens)

            Mais avant tout, ne convient-il pas de mieux comprendre le vécu des personnes homosexuelles avec « Homosexuels catholiques. Sortir de l'impasse » ? Dans sa préface la dominicaine Véronique Margron écrit qu'il « donne de quoi réfléchir à tout lecteur de bonne volonté. » Ce livre est à lire par tous ceux qui interviennent dans les établissements catholiques, car il ne faudrait pas rester à l'époque où l'homosexualité était considérée comme une maladie par l'OMS et où l'Eglise catholique refoulait les divorcés remariés, comme adultères.

            Méditons ce qu'écrit Magda Hollander-Lafon qui, depuis leur arrivée à Auschwitz , n'a plus revu sa mère et sa sœur : « Les » est un article dangereux. Il fait même des ravages. Il provoque la confusion, la haine, la guerre, l'extermination : les Français, les Allemands, les Arabes, les Juifs... (dans « Quatre petits bouts de pain. Des ténèbres à la joie »)

            Aujourd'hui, des personnes homosexuelles sont assassinées dans plusieurs pays. Des jeunes font des tentatives de suicide dans le nôtre[5].                                                       jbancal@wanadoo.fr

 

 

 

BREVES

 

« Les lois homophobes sont de sérieux obstacles à une riposte efficace contre le sida »

Michel Sidibé, directeur d'Onusida, à l'occasion d'une visite à Paris, a évoqué les liens entre pénalisation de l'homosexualité et propagation du VIH dans le monde.

Il y a actuellement 79 pays, territoires ou régions qui criminalisent les relations homosexuelles entre adultes consentants. De nombreux cas de violations des droits de l'homme ont été recensés, allant du refus de l'accès aux services de santé à l'interdiction de la liberté des associations, en passant par le harcèlement, les violences et les meurtres. Les lois qui criminalisent les relations homosexuelles entre adultes consentants constituent de sérieux obstacles à une riposte efficace au sida. (Source Têtu)

 

A la tribune de l'Assemblée générale des Nations-unies, le président français François Hollande, a évoqué la question homosexuelle au plus haut niveau. C'est la première fois qu'un président français évoque la question homosexuelle à ce niveau. Il a rappelé l'engagement de la France «pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité. Celle-ci «ne peut pas être reconnue comme un crime mais au contraire comme une reconnaissance d'une orientation», a déclaré le président. (Source Têtu)

 

Quelques jours après François Hollande, le Premier ministre belge s'est prononcé contre toutes les discriminations à la tribune des Nations-unies,.

Il a rappelé qu'«Anvers accueillera en 2013 les World OutGames, un rassemblement de la tolérance et de la diversité» et a déclaré: «Je pense à la décriminalisation des orientations sexuelles et aux droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Je salue, à cet égard, l'initiative de l'Unesco contre l'homophobie dans les écoles.» (Source Têtu)

 

Un autotest en vente libre aux États-Unis

Le premier test de dépistage rapide à domicile du VIH est maintenant disponible aux États-Unis, en magasin et en ligne. Le test à usage unique s'utilise par voie orale et donne des résultats dans 20 à 40’. En France, l'autotest rencontre une forte opposition des professionnels Il risque en effet de donner des résultats inexacts et, surtout il dispense le professionnel d’engager une réflexion avec le patient et de lui apporter un soutien psychologique avec un counselling adapté. (source VIH.org)

Traitement gratuit pour tous en Angleterre

Depuis le 1er octobre, toute personne éligible à un traitement contre le sida en Angleterre peut y avoir accès gratuitement, indépendamment de son statut légal sur le territoire. Il s'agit d'une victoire importante pour les groupes de défense des droits des personnes atteintes du VIH/SIDA, qui se plaignent depuis longtemps que le système de santé britannique restreint l'accès des personnes les plus vulnérables au traitement du VI

 

L’amour seul est créateur

Isaac le Syrien (ou Isaac de Ninive), 7ème s., ascète, écrivain, évêque, mystique et théologien nestorien syrien, fut un des plus grands spirituels du christianisme oriental.

C’est par cet « enseignement » qu’a débuté le CA du 08 09.

 

N’essaie pas de distinguer celui qui est digne de celui qui ne l’est pas.

Que tous les hommes soient égaux à tes yeux pour les aimer et les servir.

Ainsi tu pourras les amener tous au bien.


Le Seigneur n’a-t-il pas partagé la table des publicains et des femmes de mauvaise vie sans éloigner de lui les indignes ?

Ainsi tu accorderas les mêmes bienfaits, les mêmes honneurs à l’infidèle, à l’assassin, d’autant plus que lui aussi est un frère pour toi, puisqu’il participe à l’unique nature humaine.

 

Voici, mon fils, un commandement que je te donne :

Que la miséricorde l’emporte toujours dans la balance, jusqu’au moment où tu sentiras en toi la miséricorde que Dieu éprouve envers le monde.

 

Quand l’homme reconnaît-il que son cœur a atteint la pureté ?

Lorsqu’il considère tous les hommes comme bons, sans qu’aucun lui apparaisse impur ou souillé, alors, en vérité, il est pur de cœur.

 

Qu’est-ce que la pureté ?

En peu de mots, c’est la miséricorde du cœur à l’égard de l’univers entier.

Et qu’est-ce que la miséricorde du cœur ?

C’est la flamme qui l’embrase pour toute la création, pour les hommes, pour les oiseaux, pour les bêtes, pour les démons, pour tout être créé.

Quand il songe à eux ou quand il les regarde, l’homme sent ses yeux s’emplir de larmes d’une profonde, d’une immense pitié qui lui étreint le cœur et le rend incapable de tolérer, d’entendre, de voir le moindre tort ou la moindre affliction endurée par une créature.

 

C’est pourquoi la prière accompagnée de larmes s’étend à toute heure aussi bien sur les êtres dépourvus de parole que sur les ennemis de la vérité, ou sur ceux qui lui nuisent, pour qu’ils soient gardés et purifiés.

Une compassion immense et sans mesure naît dans le cœur de l’homme et l’assimile à Dieu.

 

Infos

Mathieu Dehoumon, membre actif de X&s,

alors étudiant à Grenoble, aujourd’hui enseignant-chercheur à l'ENAM-Université d'Abomey-Calavi, fait paraître :

« La discrimination au travail en Afrique »

Il nous propose son ouvrage à 30 €, frais de port (5.50 € en sus), au lieu de 58 €.

Commande auprès de :

Marie-Ange Geoffroy 16 cours Senozan 38500 Voiron : marie-ange.geoffroy@wanadoo.fr

 

A vos agendas

Formation à la sexualité

Première rencontre :

vendredi 26 octobre, de 15 à 17h

à l’Institut Catholique, 21, rue d’Assas, Paris 6°

 

XVIIe Etats Généraux

des Elus Locaux Contre le Sida

Les politiques veulent-ils en finir avec le sida ? 

le lundi 26 novembre 2012 à 16h

au Palais du Luxembourg

 

Colloque Femmes et VIH

Enjeux de prévention, toujours concernées ?.

But : faire émerger les questions des femmes vivant avec le VIH et les enjeux pour elles des nouvelles données concernant la prévention.

les 7 décembre / 8 décembre 2012
à Médecins du Monde 62, rue Marcadet 75018 Paris

 

Journée Afrique

Sur la prévention auprès des migrants

Dans la dernière quinzaine de janvier

 

 



[1] Le Conseil de la Fédération Protestante de France, dans une déclaration, ‘A propos du mariage pour tous’, estime, de son côté, que ce projet « apporte de la confusion dans la symbolique sociale et ne favorise pas la structuration de la famille »

[2]La première rencontre aura lieu le vendredi 26 octobre, de 15 à 17h, à l’Institut Catholique, rue d’Assas

[3]Un rapide compte rendu de cette entrevue à la DGS et un extrait de l’audit suivent cet article

 

[4] Actuellement, le comité recherche des rédacteurs pour mettre en musique ces projets d’écriture. Si vous avez des idées

[5] Dans une proportion de 13 fois plus pour des ados homosexuels